Le Yoga d’Isabelle

Yoga et Méditation

Le tapis de yoga est une école d’humilité, de patience et de persévérance

octobre22

Source : L’Orient – Le jour Interview d’Isabelle Morin-Larbey par Jeanine JALKH.

En marge du colloque qui a été organisé la semaine dernière à l’Université Saint-Esprit de Kaslik par le syndicat libanais des enseignants de yoga (SLEY) pour comprendre la différence entre spiritualité et religieux à travers le prisme du yoga, la présidente de la Fédération nationale des enseignants de yoga en France (FNEY), Isabelle Morin-Larbey, éclaire les coulisses de cette discipline pour en révéler les fondements et la philosophie, mais aussi les limites et les déviations qui entachent l’image de cette pratique millénaire aux multiples bienfaits.

La réticence de la religion à l’encontre du yoga peut-elle être dissipée par le dialogue et la rencontre de l’autre ?

Oui, cette réticence existe, parfois en France aussi, mais il y a en même temps une grande ouverture envers cette discipline. On peut témoigner des deux types d’attitude. Il faut d’abord poser les fondements du yoga, qui est un système philosophique. Personne ne peut se convertir à l’hindouisme. On naît hindou, mais on ne peut pas le devenir. C’est une réalité tangible. Dans la pratique du hatha yoga, l’étude du corps, du souffle et des textes mène à la connaissance de soi et la réflexion vient rencontrer l’être humain dans sa totalité, c’est-à-dire dans sa façon de se tenir dans le monde. Il n’y a aucune raison qu’il y ait une frilosité quelconque de la part de l’Église ou des milieux religieux. Cela dit, leurs craintes peuvent parfois être justifiées, puisqu’on peut rencontrer dans le monde du yoga certaines pratiques déplacées et aberrantes qui sont le résultat d’interprétations erronées ou farfelues. Je cite par exemple ces pratiques avec des jeunes, accompagnées de tequila ou de bière. C’est du n’importe quoi, que je pourrais mettre sur le compte de la provocation adolescente. Cela n’a rien à voir avec le yoga.

Il y aurait donc des déviations dont il faudrait se méfier ?

Certains groupements peuvent effectivement virer parfois aux sectes en utilisant le yoga comme appât pour mettre la main sur la psyché des personnes, en demandant par exemple des jeûnes excessifs pour se purifier. Ce n’est pas seulement inadapté, c’est dangereux. Il peut y avoir parfois une forme de manipulation, que ce soit au niveau de la tenue vestimentaire ou par exemple le fait d’exiger que l’on se prosterne devant la photo de quelqu’un. Cela ne peut que choquer et interloquer toute personne de bon sens, pas seulement l’Église. Dans ce cas, il faut plier son tapis et s’en aller. Car si vous commencez à intervenir de manière subjective dans la pensée de la personne, vous n’êtes plus à votre place en tant que professeur de yoga. Tout le travail du yoga est dans la lenteur et le discernement. C’est un cheminement. C’est la personne elle-même qui s’en saisit et qui y travaille. Le professeur n’est que le révélateur, mais ne doit pas intervenir, surtout sur le plan spirituel.

Le chemin que nous faisons à l’intérieur de soi nous ouvre au monde, et non le contraire. Il ne s’agit pas de s’isoler et de se retirer du monde. Le yoga rend autonome. Il ne s’agit en aucun cas d’avoir une mainmise sur la psyché de quelqu’un. Le yoga pratiqué dans son éthique, c’est l’antisecte.

Le yoga est un tout et s’adresse à l’être humain dans cette totalité. C’est un peu ce que font les religions…

Il n’y a pas d’incompatibilité entre les deux, car si la personne a la foi, elle n’ira pas puiser ailleurs. Et si elle ne l’a pas, elle va pourvoir reconnaître qu’elle n’est pas toute-puissante, contrairement à ce que la publicité actuelle essaye de nous faire croire. Le tapis de yoga est une école d’humilité, de patience et de persévérance. Le souffle me ramène à cette humilité. Il ne m’appartient pas, puisque je suis traversé par le souffle et que je vis à travers lui. J’expire, je donne, j’inspire, je reçois. Je ne vis que grâce à quelque chose que je ne posséderai jamais.

Le yoga se trouve à un carrefour où convergent plusieurs disciplines : le sport, la psychologie, le développement personnel, la spiritualité. Comment le différencier d’autres domaines ?

Le yoga n’est ni un sport ni une thérapie. Il a des effets thérapeutiques, mais les enseignants de yoga ne sont pas des thérapeutes. Dans certains cas, le yoga est même contre-indiqué pour certaines pathologies, dans le cas de psychoses avérées et de schizophrénies, notamment. Les enseignants de yoga ont souvent un bon carnet d’adresses pour orienter les personnes vers les spécialistes – un médecin, un psychologue ou un psychiatre – en cas de besoin.

Le yoga serait donc un complément de thérapie ?

C’est un accompagnement en toute situation. Car ne serait-ce que du point de vue physique, le yoga nous redonne confiance. Il nous permet de trouver des appuis en nous. À la différence du sport conventionnel, le yoga table énormément sur le souffle et sur l’attention, sans chercher à obtenir un résultat en termes d’objectifs de performance à atteindre. Le yoga s’adapte à la personne. En tant que professeur, je peux moduler les postures selon celui qui est en face de moi. Ce qui est important dans un cours, c’est le fait qu’il peut accueillir tout le monde sans exclusion. Nous sommes dans des sociétés anxiogènes qui excluent l’autre, qui ne trouve plus sa place. Dans un cours, on pratique ensemble, mais chacun à son rythme, à sa mesure, parce que le professeur est capable de donner des adaptations : soit en intensifiant les postures pour les personnes qui peuvent les pratiquer sans se faire mal, soit, au contraire, en proposant des moyens régulateurs, entre autres, si la personne est âgée ou s’est fait opérer de la hanche. Le tout dans une optique d’aisance et de fermeté bienveillantes pour être, in fine, dans un état d’équanimité.

Quid des pratiques apparentées au yoga telles que la méditation ?

La méditation fait partie des étapes du yoga. C’est la septième étape, dite « dhyāna ». Malheureusement, on confond souvent concentration – « dharana », la pleine conscience ou mindfulness – et la méditation. Développer son attention est nécessaire et salutaire, mais la méditation est un état au-delà de la concentration – autour d’un point du corps par exemple, ou d’une attention portée au souffle. La méditation est donnée (« dhyāna »). C’est un état où la réflexion n’a plus lieu. Mais aujourd’hui, on est en train d’essayer de scinder le yoga : le corps d’un côté, et l’esprit de l’autre. C’est d’ailleurs ce que d’aucuns ont reproché à la tradition judéo-chrétienne, mal comprise : séparer le corps et l’esprit. C’est ce qu’on est en train de tenter de faire aujourd’hui avec cette discipline indienne. Le contresens est majeur. Diviser, morceler afin de mettre plus facilement la main sur… Lorsqu’il n’y a plus d’ancrage dans le corps, on devient plus vulnérable et certaines méditations en deviennent plus risquées. Il ne faut pas oublier que nous sommes un tout. Le yoga, c’est ne pas se nuire et ne pas nuire à l’autre – c’est le principe de l’« ahimsa ».

Yoga solidaire

octobre10

Pratiquer pour soutenir les habitants du Népal, du Tibet et du nord de l’Inde. C’est la belle idée de Yoga for Karuna.

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On connait tous Matthieu Ricard, moine bouddhiste tibétain, chercheur en génétique, photographe et écrivain à la renommée internationale. En revanche, on sait moins que celui-ci a également créé, en 2000, une association baptisée Karuna-Shechen qui travaille sans relâche en faveur des habitants les plus démunis du Népal, du Tibet et du nord de l’Inde. En près de 20 ans, Karuna-Shechen a multiplié les projets et s’est impliquée dans les domaines les plus variés.

Via leurs partenaires locaux, l’association a notamment oeuvré pour améliorer l’accès aux soins médicaux, l’éducation des enfants, l’autonomie des femmes et des jeunes filles, mais elle a également financé la construction d’hôpitaux, des travaux d’accès à l’eau ou le développement de réseaux d’électricité solaire. Ces initiatives ont eu un impact concret puisque plus de 100 000 personnes ont bénéficié de ces aides et réussi à améliorer leurs conditions de vie.

Et ce n’est pas fini puisque Matthieu Ricard se mobilise à nouveau et organise les 19/20/21 octobre prochains l’événement Yoga for Karuna. Durant ces trois jours et dans le monde entier, les professeurs de salles de gym, de clubs de sport et de studios de yoga qui participent à l’aventure dispenseront leurs cours gratuitement, afin que leurs adeptes puissent faire don à l’association du montant de leur séance. Une raison de plus pour se (re)mettre au sport !

Cours dans toute la France. L’événement international Yoga for Karuna se déroulera du 19 au 21 octobre 2018. Renseignements et inscriptions sur la plateforme Yogaforkaruna.org qui reçoit également les dons.

Source : l’express – Tendances – Par Lydia Bacrie

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Symboliques du corps dans la pratique contemporaine du hatha-yoga

septembre25

 La pratique contemporaine du hatha-yoga (yoga des postures de souplesse) dans un contexte mondialisé est confrontée au problème de la rencontre de deux systèmes anthropologiques de représentation du corps, deux ontologies (Descola, 2001) qui définissent des rapports divergents au corps propre du pratiquant : d’un côté la lecture traditionnelle, et particulière au savoir yogique, du corps-esprit (Varela, 1999) traversé de symboles codifiés et, de l’autre, la vision critique d’un corps-objet investi de significations fluctuantes, tel qu’il a été décrit par la psychanalyse dans le cadre de l’ontologie moderne (Dor, 1992). Cette opposition et l’ensemble de dissonances qu’elle suscite, est caractéristique de la transposition présente des techniques et savoirs orientaux vers un horizon occidental. La question qui apparaît au pratiquant est la suivante : dans quel système de référence comprendre les diverses expressions du corps que suscite le hatha-yoga ? Sans prétendre solutionner le dilemme, nous souhaiterions présenter un élément de progression dans la compréhension de l’expression du corps. Cet élément correspond à l’apport du yoga du Cachemire, renouvellement du hatha-yoga à partir du viiie siècle. La pratique cachemirienne confère au corps du pratiquant une capacité d’expression non par une lecture symbolique ou psychologique, mais par une attention plus grande au vécu propre, une phénoménologie radicale, appliquée à la pratique. Pour tenter d’approcher la spécificité d’une telle pratique, qui requiert l’expérience d’un vécu subjectif, nous esquisserons une description phénoménologique, selon la méthode de l’observation participante (Laplantine, 2001).

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Le problème en yoga de l’interprétation
des manifestations du corps

Corps-symbole dans l’ontologie analogique

Les yogis disent que « le corps est la Voie ». Le corps, notamment par ses disfonctionnements, ses raideurs, ses blocages nous indique où est la part de souffrance, quelle est la dimension de notre être à laquelle nous devrions prêter attention, que nous devrions tacher de manifester pour que, selon eux, le prâna (« énergie vitale » en sanskrit) puisse circuler de nouveau de façon harmonieuse. Et ce corps est corps-esprit : la tradition yogique est avertie du lien indissociable existant entre nos émotions, nos états psychiques et le corps (Baret, 2007). Les expressions de ce corps peuvent guider la pratique car le corps lui-même porte la marque d’un modèle divin. Dans le système de représentation lié à la pratique yogique, le corps est avant tout corps énergétique, traversé par des courants d’énergie vitale qui se concentrent dans les « chakras » décrits par la tradition indienne (Sri Aurobindo, 2007). Ce corps-esprit, structure énergétique du corps physique, serait le modèle de l’humanité accomplie. Il guide en quelque sorte le corps physique vers sa pleine réalisation dans le corps propre du pratiquant. Dans l’ontologie yogique, le corps est donc lui-même symbole, sym-bolein(possibilité de réunion de ce qui a été séparé – le corps physique et son modèle divin). Le corps propre, qui se constitue comme indicateur pour progresser dans l’imperfection, limite qui appelle son dépassement, est l’instrument essentiel, le vaisseau unique pour relier la vulnérabilité d’un corps physique, lié au modèle originel dont il a été séparé. L’historien des religions Mircea Eliade expose ce lien du corps physique au corps subtil ou énergétique dans sa thèse Yoga, immortalité et liberté (1954). Dans cette perspective, le yoga, comme toute science traditionnelle, connaît une herméneutique définie du corps physique, selon les écritures sacrées. Le corps a été codifié, interprété selon un modèle utilisé dans la pratique. Il s’agit notamment du corps éthérique, le corps des chakras, les sept principaux centres énergétiques du corps, du bas de la colonne vertébrale, jusqu’à la fontanelle. Ces centres commandent à la fois une dimension physique et psychique de l’être (Swami Satyananda, 1969). Ce modèle, qui correspond à ce que l’anthropologue Philippe Descola nomme « l’ontologie analogique ». L’homme est archétypiel (Souzenelle, 2001) : le corps porte la marque (typos) d’un principe (arché), cette marque est définitive, aussi ineffaçable et immuable que le Verbe divin inscrit au cœur de chaque chose. Tel est le processus sym-bolique du yoga (lien, union, en sanskrit). Cette stricte correspondance analogique concorde avec ce que l’historien de la philosophie Michel Foucault, dans Les Mots et les Choses (1966), nomme l’épistémé antique, celle de la ressemblance (convenientia, aemulatio, analogia, sympathia).

Corps-signifiant dans l’ontologie naturaliste

L’herméneutique qu’on pourrait dire « occidentale » du corps et de la signification de ses dysfonctionnements est tout autre. Cette herméneutique est marquée par la pratique de la psychanalyse. L’influence de la psychanalyse, et du mode de signification qu’elle emploie, ne dépend pas du fait que le pratiquant ait effectivement suivi ou non ce type de thérapie. C’est une disposition qui a investi doxa contemporaine. Cette attitude cognitive est marquée par le renoncement à l’idée de nature humaine, au scepticisme quant à la possibilité de désigner un modèle corporel et psychique. Tout est fractionnement et multiplicité en constante invention. Sur une réalité inassignable en tant que telle se superpose le niveau du langage, construction signifiante – ce modèle correspond à l’épistémémoderne (Foucault, 1966). En effet, l’attitude d’un pratiquant moderne de yoga est caractérisée par un certain type de retrait, un manque d’adhérence à une symbolique fixe. Cette attitude est notamment marquée par l’horizon de la psychanalyse, et ses implications cognitives. Selon ce modèle, le corps-symptôme de la psychanalyse n’implique pas le mode vertical du symbole, mais le rapport de signification. L’écart épistémique irréductible du signifié et du signifiant est posé par Saussure, qui marque l’impossibilité du retour à une ontologie de l’analogie, et fonde le mode symbolique. Le symbolique chez Lacan redéfinit fondamentalement la possibilité de faire sens par rapport à l’épistéméantique. Il ne désigne pas un lien mais un rapport à la réalité, la réalité ultime qui est celle du corps, comme réceptacle de significations fluctuantes. Le réel est, selon la formule, impossible. Tout ce qui reste est la capacité permanente de construire des signes. Il y a une capacité de signifiance, un jeu du signifiant, selon les deux axes du déplacement et de la condensation (Dor, 1992). Le sens ne peut être inscrit dans le corps, le lien cosmologique est d’avance rompu, et ce qui subsiste est un libre déplacement des signes, une chaîne de signifiants que le processus analytique tente de mettre à jour pour dénouer. Dans ce cadre de la psychanalyse, il ne s’agit pas de déchiffrer le corps-livre, mais d’entamer l’investigation dans l’histoire personnelle de la chaîne de significations qui crée le corps-symptôme. Le corps parle, pour un moderne, non pas selon un langage codifié mais par des capacités de signifiance propres, toujours mouvantes, à interpréter.

Dissonance cognitive dans l’interprétation des expressions corporelles

Alors que l’apprenti yogi travaille à dénouer les tensions physiques et psychiques qui maintiennent le corps-esprit dans la dualité, la question de la lecture, du déchiffrement des manifestations corporelles, est cruciale. Et le pratiquant se retrouve pris entre deux herméneutiques. Quel rapport le pratiquant doit-il entretenir avec son ressenti corporel – s’agit-il d’une manifestation directe du corps énergétique ? Ou doit-il considérer avec recul qu’il pourrait être un effet psycho-somatique d’un déplacement de signification ? D’un côté le rapport religieux et la foi, et de l’autre l’horizon analytique : deux rapports au corps et à son expression qui semblent s’exclure.

D’une part, l’ontologie religieuse, qui est toujours supposée si l’on entend réaliser le Yoga, le lien sym-bolique entre les deux termes séparés, cosmos et corps qui en porte l’empreinte, est questionnée, suspendue par l’approche significationnelle. Comment un moderne peut-il s’en remettre totalement à l’évidence acquise des archétypes traditionnels ? D’autre part, la foi en ce modèle symbolique est l’élément-clé de la progression dans la pratique – le ressenti s’accroît, s’affine avec une attention totalement impliquée, engagée dans certains centres corporels. La science yogique de la subjectivité réclame une adhérence complète. Dans un premier temps, il nous semble préférable de maintenir cette dichotomie, de la laisser ressurgir comme problème de la pratique moderne du yoga, dont il s’agirait avant tout de saisir les implications. Et peut-être devrions-nous nous contenter de désigner ce point d’achoppement de la pratique du yoga, dans sa rencontre avec la modernité critique. Toutefois une divergence peut amener à découvrir une tierce voie, qui passera notamment par une plus grande attention au ressenti. La voie du hatha-yoga du Cachemire, ce renouveau du yoga traditionnel, tel qu’il a été opéré par des maîtres comme Abhinavagupta, nous semble pouvoir apporter un élément de réflexion à ce problème contemporain. Cette pratique renouvelée du Yoga avance une méthode de compréhension et d’assimilation du ressenti qui se distingue des lectures précédemment évoquées en ce qu’elle n’est pas « interprétation », mais immanence radicale de l’intuition.

La voie cachemirie : non pas comprendre mais vivre le corps dans son expression

Le yoga du Cachemire se maintient en permanence dans le ressenti, sans sortir de l’émotion, sans créer l’interprétation, de dualité. Dans cette approche, il s’agit non pas d’intellectualiser le sens de la manifestation corporelle, l’émotion (en sanskrit rasa) mais de vivre la sensation de façon directe, sans tenter de la comprendre, de lui donner un sens. Voici ce que nous dit le philosophe E. Baret au sujet de cette méthode d’appréhension, d’expression et de lecture du corps et de ses émotions, dans Yoga, corps de vibration, corps de silence : « La pratique cachemirienne est faite pour se rendre disponible à l’émergence de l’émotion. Contrairement au yoga dit classique, qui vise à l’empêcher, la contrôler, la dépasser ou, comme dans la psychologie moderne, à l’accepter, l’intégrer, voire à la rejeter, selon les écoles : il s’agit de la brûler de toute la force de son amour. Le conflit est la porte. L’émotion qui m’habite n’a pas besoin d’être justifiée, prouvée, formulée : elle a besoin d’être sentie ; pour qu’elle puisse se dévoiler, se libérer de sa cause apparente et s’exprimer dans toute sa résonance, le corps doit devenir tout écoute. »

Pour appréhender véritablement la nouveauté de cette approche, il apparaît indispensable de s’engager en première personne dans le vécu d’un tel processus. Car seule la description phénoménologique, selon le principe de l’observation participante (Laplantine, 2001), peut nous permettre de décrire cette réalité. La méthode phénoménologique que nous employons emprunte au concept merleau-pontien d’« entrelacs » (1976), en ce que nous tâchons de rendre compte de l’imbrication de mode de conscience et de cognition dans une incarnation charnelle et sensible. Nous sommes aussi redevables à l’approche de Michel Henry, qui s’attache à décrire les modes de conscience non-duels, ce que la tradition indienne nomme « atman ». Ainsi nous livrons le récit subjectif d’un de ces moments de libre déploiement de l’émotion, expérimenté lors de la pratique du hatha-yoga, et où la question de l’interprétation de l’émotion et de l’expression corporelle est apparue comme cruciale.

Expérience d’expression du corps dans la pratique du Hatha-Yoga

Description de la posture de Yoga

Le cours de yoga touche à sa fin, et l’une des dernières postures proposées, concluant la séance est padmâsana, la posture du lotus. Il s’agit de la posture assise, jambes croisées, où la colonne est étirée, érigée du sacrum s’enracinant dans la terre, jusqu’à la fontanelle qui tend vers le ciel et donne à l’assise sa dynamique verticale. Dans cette posture fondamentale du Yoga, les centres énergétiques situés le long de la colonne vertébrale (chakras) sont tous déployés. La capacité respiratoire est maximale, et le souffle peut retrouver toute son amplitude. Il s’agit de la posture privilégiée de méditation, d’ouverture à tous les centres énergétiques, d’accueil au plus large spectre d’émotion. Le pratiquant se trouve dans la salle de Yoga, s’exerçant aux postures sur un tapis de sol. Le professeur est debout, circule dans la salle, et guide les pratiquants dans les différentes postures qu’il propose. Dans ce cas-ci l’indication du professeur est de simplement maintenir la posture, au rythme du souffle, sans focaliser son esprit sur une pensée particulière.

Expérience du corps dans la posture

Je m’installe ainsi dans la disponibilité de la posture de padmâsana. Apparaît alors une sensation, qui se précise progressivement. Tout d’abord une sorte de réceptivité s’installe dans tout le corps. Le volontarisme rigide nécessaire à la prise de posture s’efface, comme pour pouvoir accueillir un mouvement corporel venant de l’intimité du corps, d’une part qui était restée inconsciente, mais qui profite de ce libre étalement du corps et du souffle pour se faire jour. Le ressenti de détente s’accroît, et se mêle aussi d’appréhension car c’est comme si vacillait la sécurité, l’impression de contrôle sur ma personne ; la tension musculaire, nerveuse qui structure habituellement le sentiment de consistance, d’identité incarnée, s’atténue et chancelle. Naît alors l’impression que le sang se retire des membres pour se concentrer dans la région du cœur. C’est alors comme si mon être, toute ma conscience vitale se concentrait totalement vers le centre de la poitrine – notre attention tout entière absorbée dans cette zone qui mobilise toute la vigilance du corps-esprit, s’accrochant pour ainsi dire avec crainte aux mouvements inattendus du flux vital. Il semble que le cœur appelle le flot sanguin vers lui, dans une sorte de contraction convulsive. Il se met alors à battre, plus fort, de façon tout à fait sensible. Et mon corps tout entier devient ses battements. Mon premier sentiment est celui de la crainte d’un phénomène déroutant, qui engage les fonctions vitales. Mais il y a aussi l’étonnementpresque émerveillé d’une manifestation spontanée qui, sans qu’on puisse lui donner de signification, se présente comme une forme inédite d’expression. À ce moment, où l’être total semble engagé, où les convulsions du cœur semblent à la fois exprimer une urgence vitale – et la nécessité de trouver une amplitude, une respiration, la question de l’interprétation du phénomène, de la sensation cénesthésique devient cruciale.

En effet, par ce mouvement, qui semble être un cri de tout l’être, le corps s’exprime. C’est précisément en ce moment que surgit un élément du Yoga. La possibilité de faire sens, d’établir le lien entre le corps-esprit et ce qui le dépasse apparaît alors que la vie se confronte à sa limite. Mais dans cette situation, que faire ? Comment lire, interpréter, comprendre cette expression du corps ? La première indication, et qui correspond au premier conseil du professeur de Yoga, est commune à toutes les pratiques yogiques : il s’agit de se maintenir dans la posture – de conserver la pose tant que faire se peut. Et ainsi mon attitude à ce moment consiste à me maintenir dans la posture, avec une relative ouverture, confiant malgré la nouveauté de la situation dans l’intérêt de vivre cet état surprenant. Dans cette situation, il me reste toujours à savoir comment exactement assimiler, comprendre, appréhender cette manifestation corporelle. Ma première réaction consiste à penser que ce phénomène consiste dans la manifestation d’une énergie propre au yoga : il s’agirait de la libération d’un centre « énergétique », un chakra. Cette idée correspond à la croyance présente dans l’enseignement livresque du yoga, selon laquelle les sensations et phénomènes touchant la zone du cœur ont un rapport avec ce que la tradition a désigné comme anahâta chakrachakra du cœur. Il s’agirait donc de se référer de façon livresque à la signification traditionnelle de ce chakra pour décoder le sens de cette manifestation corporelle. Mais dans l’instant, cette vision est contrecarrée par un éclair de scepticisme : la pensée que la manifestation du cœur ne pourrait être qu’un symptôme idiosyncratique, somatisation d’une névrose dont le sens serait à déchiffrer en fonction de la signification que j’attribue à la situation présente. Je reviens alors à l’idée que ce phénomène n’est qu’une forme de projection, somatisation. Tel est le dilemme épistémique dans lequel je me trouve, avec pour tâche de les concilier, de me jouer de leurs incompatibilités – retrouvant peut-être l’unité d’un sens.

Suite à cette séance de yoga, je demande au professeur quelques indications pour m’orienter dans ce ressenti. Ce dernier ne me propose pas d’interprétation mais m’invite seulement à m’installer dans le ressenti même de la posture, sans préjuger d’un sens quelconque, ni anticiper de solution. Il recommande que la réintégration de cette nouvelle sensation, sa symbolisation pour ainsi dire, ne se fasse pas par l’intermédiaire d’un sens que je pourrais éventuellement lui prêter. L’approche consiste presque en une méthode, un nouveau mode d’appréhension, qui ne cherche pas à figer de signification, mais à entrer dans la durée de chaque sensation, ce que je tente désormais de réaliser. Une situation similaire se manifeste à la séance suivante. Je me contente de suivre toutes ses inflexions, d’être simplement présent, même au déplaisir. La gêne apparaît d’abord de façon accrue, et la localisation de la sensation se précise. Je me rends disponible mentalement à cette gêne, m’y plonge comme s’il s’agissait d’un état de détente. Je commence à considérer que cet état pourrait aussi représenter une plénitude. Il se crée un sentiment d’équanimité, d’égalité, en perspective de ces émotions perçues comme néfastes, qui me permet de les vivre sans en être accablé. J’accepte de les vivre de façon plus intense, comme si même ce moment douloureux avait une valeur en lui-même. De ce fait je remarque que les transformations de l’état s’accélèrent. La crainte devient une douleur précise, qui se rigidifie en simple tension, puis la tension se débloque, à la faveur d’un mouvement qui libère la poitrine. La nouvelle sensation au niveau du cœur est celle d’une amplitude, d’une nouvelle circulation, qui amène un flot de nouvelles images mentales, liés à la libération d’un sentiment d’oppression. Le cœur peu à peu retrouve un battement apaisé, mais le véritable acquis de cette séance est la liberté, la latitude consistant à pouvoir vivre pleinement un état, quel qu’il soit, et se laisser emporter par son intensité jusqu’à sa résorption. J’apprendrai plus tard qu’un terme qui pourrait correspondre à ce sentiment d’espace retrouvé au sein de la contraction, d’expansion créatrice est en sanskrit « spanda » – le déploiement créatif de l’émotion, décrit par la tradition du yoga du Cachemire.

Question de l’interprétation du ressenti

La tentative de compréhension de la manifestation corporelle est prise entre deux lectures du corps-symbole : la lecture analogique – c’est l’idée glanée au cours de lectures dans l’univers du yoga, selon laquelle toutes les manifestations physiques correspondraient à l’expression d’un chakra. La première inclinaison d’un pratiquant est de suivre l’interprétation de cette orthodoxie yogique pour immédiatement répondre au besoin de donner du sens aux phénomènes corporels inédits. D’un autre côté se trouve la lecture du corps comme objet investi de significations, qui ne sont que projections fluctuantes. C’est ce qui correspond dans le récit à la première personne au second mouvement réflexif, lorsque la manifestation du corps est envisagée comme une « somatisation » – la cristallisation sur un élément corporel aléatoire (en l’occurrence le cœur) d’une signification symbolique.

Ces deux lectures s’opposent, et leur rôle originel, qui est de fournir une base d’exploration permettant de faire ressurgir l’émotion, est contrarié par l’impossibilité de concilier les deux. Cependant cette alternative impossible peut être en partie mise de côté par le retour à la sensation même – c’est l’indication que donne le professeur de yoga. En acceptant de vivre le corps et ses émotions, plutôt qu’en lui conférant d’emblée un sens précis, apparaît une expression du corps qui ne passe pas par un aspect intelligible, mais par le vécu de sa durée propre. Il semble que cette approche ait plus de succès pour libérer la tension corporelle. Dans la tradition du Cachemire, on donne au corps une autre forme d’attention, bien distincte de la volonté initiale de comprendre : selon ce type particulier de yoga, il ne s’agit pas donner un sens conventionnel à une manifestation corporelle pour apaiser un questionnement mental, mais plutôt de se rendre présent au corps, pour que par sa durée propre, le corps puisse se contracter puis s’étendre, s’exprimer – déployer un sens que l’intelligence ne peut connaître d’avance. La question de l’interprétation est renversée : l’approche cachemirie met de côté la possibilité de déchiffrement formel des manifestations corporelles, pour se mettre à l’écoute du corps lui-même. Et c’est ainsi par le mouvement, par la détente, la libération de la tension que le sens précis d’une manifestation corporelle peut apparaître a posteriori. Une telle approche se situe en dehors de la nécessité de donner du sens, mais elle est pourtant un détour intéressant pour que le corps-esprit se déploie dans sa durée propre.

Conclusion : le vécu comme voie privilégiée d’expression du corps

Notre intention n’est pas de résoudre l’opposition anthropologique entre les deux ontologies, qui traverse la pratique du yoga. La contradiction en elle-même est riche et créative. Elle reste en suspens comme inévitable problématique des pratiques traditionnelles dans le contexte moderne. Cependant le rappel du yoga du Cachemire, son invitation à retrouver la pure sensation corporelle nous semble constituer une méthode précieuse pour le pratiquant, ainsi que l’anthropologue du corps. L’intérêt de cette plongée dans le vécu, réside en ce qu’elle se situe en dehors de toute discrimination – il s’agit d’une phénoménologie radicale, qui nous rappelle que la capacité de concilier les deux ontologies, de réinventer un yoga à l’époque critique et créative de la dissonance, passe par l’expression directe de l’être-corps.


Bibliographie

  • Baret E. 2005, Yoga : corps de vibration, corps de conscience, Paris, Almora.
  • Descola P. 2001, Leçon inaugurale au Collège de France, pour la Chaire d’anthropologie de la nature, Paris, Collège de France.
  • Dor J. 1992, Introduction à la lecture de Lacan, Paris, Denoël.
  • Eliade M. 1991, Le Yoga, immortalité et liberté, Paris, Payot.
  • Foucault M. 1966, Les Mots et les choses, Paris, Gallimard.
  • Henry M. 1963, L’Essence de la manifestation, Paris, PUF.
  • Hymnes spéculatifs du Véda, 2004, trad. Louis Renou, Paris, Gallimard.
  • Laplantine F. 2001, L’Anthropologie, Paris, Payot & Rivages.
  • Merleau-Ponty M. 1976, Phénoménologie de la perception, Paris, Gallimard.
  • Patanjali 1991, Yoga Sutras, Paris, Albin Michel.
  • Souzenelle A. 2001, Le Symbolisme du corps, Paris, Albin Michel.
  • Sri Aurobindo 2007, Le Guide du yoga, Paris, Albin Michel.
  • Varela F. 1999, L’Inscription corporelle de l’esprit, Paris, Seuil.

SOURCE : Ferrero Gautier, « Symboliques du corps dans la pratique contemporaine du hatha-yoga », Corps, 2013/1 (N° 11), p. 161-170. DOI : 10.3917/corp1.011.0161. URL : https://www.cairn.info/revue-corps-2013-1-page-161.htm

Le lotus

septembre8

« Le lotus symbolise les contraires : naissance et mort, masculin et féminin, et l’interaction des forces créatrices. Pour les chinois, le lotus symbolise le passé, le présent et le futur puisqu’il porte en même temps des bourgeons, des fleurs et des fruits. En Orient, le lotus représente des niveaux de conscience et la fleur largement ouverte est associée au Buddha ainsi qu’à la plupart des autres grandes figures religieuses ou divinités. Tant pour les hindouistes que pour les bouddhistes, le lotus symbolise la réalisation spirituelle, la floraison du potentiel humain ».

Extrait de « Hatha-Yoga, le langage caché » de Swami Sivananda Radha

La fleur de lotus

La fleur de lotus

 

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Les bonnes résolutions de la rentrée !

août27

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Cahier d’été 2018 stages séjours formations yoga/ayurvéda/bien-être

juin29

Comme toutes les années, l’annuaire du yoga et de l’ayurvéda (annuaireduyoga.com) publie son cahier d’été des stages, retraites, séjours et formations yoga/ayurvéda/techniques de bien-être en France et à l’étranger. Une mine d’idées et de propositions pour un été placé sous le signe du yoga !

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Pour y accéder, cliquez sur le lien ci-dessous :

http://www.annuaireduyoga.com/pdf/sy_cahier_ete_2018.pdf

Bonne lecture !

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Le yoga, une discipline indienne devenue patrimoine mondial

juin25

Le yoga est une discipline indienne traditionnelle, à la fois spirituelle et corporelle, aujourd’hui pratiquée dans le monde entier et inscrit depuis 2016 au patrimoine immatériel de l’humanité.

Les origines du yoga

Le mot yoga vient d’une racine sanskrite qui signifie « atteler ensemble, joindre, unir« , ce qui, selon l’historien Bernard Sergent, illustre bien l’idée qui sous-tend la discipline, « unir en un même attelage » : l’intellect de celui qui pratique à « l’âme universelle » du monde.

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La notion de yoga apparaît dans des textes très anciens comme la Bhagavad-Gîtâ, texte fondamental de l’hindouisme, écrit entre le 5e et 2e siècle avant Jésus-Christ.

Le yoga est en fait « la clef de voûte de l’hindouisme« , estime la spécialiste de l’Inde Tara Michaël. Son fondement tient en la « prise de conscience du caractère insatisfaisant de la condition humaine« , explique-t-elle dans son livre « Yoga« . Le yoga apparaît comme un moyen de transcender la souffrance.

Un terme « équivoque« 

Mais ce terme est « équivoque » car coexistent plusieurs « yoga« , « classique« , « populaire« , « ascétique » ou même « érotique« , souligne le philosophe et romancier roumain Mircea Eliade dans l’essai « Techniques du Yoga« .

Pour les dictionnaires modernes occidentaux, le yoga est une « discipline spirituelle et corporelle » qui vise à « libérer l’esprit des contraintes du corps par la maîtrise de son mouvement, de son rythme et du souffle » (définition du dictionnaire Larousse).

Aujourd’hui le yoga « de consommation courante (…) n’est rien d’autre qu’une gymnastique de bonne santé« , résume l’indianiste Tara Michaël. Quiconque « doué de souplesse physique, d’énergie et d’un peu de bagout, peut s’improviser en six mois ‘professeur de yoga’« .

Une (ré)invention moderne

Le yoga commence à se faire connaître en Occident à la fin du 19e siècle. A cette même époque, la discipline connaît un profond renouveau en Inde sous l’impulsion du maître de l’hindouisme moderne Swami Vivekananda (1863-1902).

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Ce moine-philosophe insiste sur le côté rationnel et scientifique du yoga pour en faire une discipline assimilable par l’Occident. Son livre « Raja Yoga » pose les bases d’un yoga moderne et international.

Dans la première moitié du 20e siècle, des ouvrages occidentaux se mettent à recenser et détailler les postures du yoga, les « asanas« .

Contrairement aux idées reçues, l’importance donnée aux postures et aux enchaînements (par exemple la célèbre salutation au soleil) « ne date pas d’il y a plusieurs millénaires » mais est « un développement récent« , souligne la spécialiste indienne Sita Reddy dans l’ouvrage collectif, « Yoga, l’art de la transformation« .

Phénomène planétaire

Dans les années 60 et 70, la fascination d’icônes de la contre-culture pour la métaphysique indienne, illustrée par la relation des Beatles avec le gourou indien Maharishi Mahesh, popularise le yoga comme pratique spirituelle.

Au contraire, les années 80 et 90 voient l’émergence d’une pratique « plus profane«  et le « yoga postural basé sur des méthodes athlétiques et dynamiques » tend à s’imposer en Occident, souligne le chercheur britannique Mark Singleton.

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Patrimoine mondial

Aujourd’hui, il est difficile de recenser avec fiabilité le nombre de personnes pratiquant le yoga à travers le monde: plusieurs dizaines de millions assurément, certains avancent 200 à 300 millions.

Alors que des études montrent ses bienfaits contre l’anxiété, la dépression et les troubles du sommeil (plus efficace qu’une simple activité physique mais moins qu’une psychothérapie), le yoga a été inscrit, en décembre 2016, au Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité par l’Unesco.

Depuis son accession au pouvoir en 2014, le Premier ministre indien Narendra Modi a fait du yoga un instrument de rayonnement de l‘Inde dans le monde. Il est à l’origine d’une résolution de l’ONU qui depuis 2015, fait du 21 juin la Journée internationale du yoga.

Source : RTBF TENDANCE avec AFP

Ces événements yoga près de chez vous : Journée Internationale du Yoga

juin4
A Nice et dans l’arrière pays, de nombreux événements de yoga sont prévus au printemps à l’approche de la Journée internationale du yoga, le 21 juin. Par simple curiosité ou par pure passion pour la pratique, vous pouvez y participer. Une occasion de se prêter à une activité en plein air, dans des décors souvent atypiques, et de manière ludique. 

Nice

Avec Nico Luce de Breathe As One  : https://breatheasone.eu/

yoga nice

Cette année, le festival de yoga Breathe as one fête sa cinquième édition, le 17 juin dans l’idyllique parc Phoenix, dans le quartier de l’Arénas. À l’occasion, des cours sur scène seront donnés toute la journée, de 9 heures à 18 heures, par des professeurs de yoga mondialement connus tels que Nico Luce, Gloria Latham, Mika de Brito et Ben Sears. Des cours gratuits de yoga seront également tenus par des enseignants locaux, pour tous les niveaux. Les Niçois se verront proposer des séances de méditation et des massages. De plus, les professionnels tiendront une séance de questions-réponses concernant le yoga. Les participants pourront par ailleurs profiter des stands de nourriture qui seront présents. Attention, l’entrée dans le parc reste payante. Comptez 5 euros pour les plus de 12 ans, 3 euros pour les tarifs réduits.

Sainte-Agnès (06500)

Avec Ophélia de Yoga Précision : http://www.yogaprecision.net

Voici le petit programme pour cette journée internationale du yoga qui se nomme : « autour d’un pique nique partagé ».

Arrivée sur les lieux à partir de 10h…

vers 10:15 méditation enfants (30′)

11h Viniyoga Yoga (50′)

12h Iyengar Yoga (50′)

13h Pique nique (« salty part ! »)

15h méditation adultes (30′)

15:30 Yoga Nidra (35′)

Puis, goûter et tisanes pour ceux qui voudront (« sweety part ! »)

Pensez à prendre ce qui vous plaira comme nourriture (sucrée /ou salée), pour vous même ou à partager.Pensez également à prendre vos serviettes, paréos et/ou tapis de yoga car nous ne fournirons pas de matériel. à très bientôt et belle semaine à tout le monde. Pensez à co-voiturer, merci.

Ophélia 06 74 50 60 57

Monaco

Avec Nathalie Keusseoglou de Yoga Shala Monaco ; Plus d’informations sur http://www.yogasolsticemonaco.com

Pour fêter la Journée Internationale du Yoga, un grand rassemblement de yoga est organisé sur les Terrasses du Casino, le 21 juin, de 17h45 à 20h. Gratuit, ouvert à tous, quel que soit l’âge et le niveau de pratique. L’an passé 300 personnes avaient partagé ce moment exceptionnel de relaxation ! Le solstice d’été sera célébré cette année ainsi pour la cinquième fois !

Avec le soutien de Monte-Carlo Société des Bains de Mer, sur les magnifiques Terrasses du Casino de Monte-Carlo, face à la mer Méditerranée, une célébration joyeuse et authentique enchantera les débutants et les praticiens réguliers.

Le solstice d’été est la célébration de la créativité : de la musique, de l’art, de la danse et du yoga. Pour cette occasion particulière, instituée par les Nations Unies, « Journée Internationale du yoga », de nombreux rassemblements de yoga ont lieu dans le monde, comme à New Delhi, New York, Paris, Londres ou Madrid.

Tout le monde, quel que soit son âge ou son niveau de pratique est invité à bouger, respirer, ressentir et se détendre sur les Terrasses du Casino. Venez partager cette aventure avec vos amis, vos enfants, vos parents et vos grands-parents ! Aucune expérience antérieure de yoga n’est requise.

Programme :

17h45 : Ouverture

18h15 : Cours de Yoga

20h00 : Clôture

Informations et réservations :

Yoga Solstice Monaco

shala@yoga-monaco.com

A Nice, séance de YOGA « ROSE » GÉANT, dimanche 3 juin à 9h30

juin3

Venez nombreux et nombreuses participer à la séance de YOGA « ROSE » GEANT sur la Pelouse de la Bourgada, au sud du MAMAC-TNN dans la Promenade du Paillon le Dimanche 3 Juin 2018.
Seul, en famille ou entre amis, pratiquants ou simples curieux, venez partager ensemble un moment d’énergie positive, de bien-être et de lâcher prise, dans la bonne humeur et… vêtus de Rose.

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La séance commencera à 10h, durera environ 1h30 et sera suivie d’un en-cas « bien- être ».

Rendez-vous sur place à 9h30.

Inscription sur www.soscancerdusein.org

N’oubliez pas votre tapis de yoga et/ou une serviette et votre tee shirt rose.

Nous espérons que cette manifestation sensibilisera tous et toutes :
- à l’importance du yoga pour le bien être physique et moral
- à l’importance d’une activité physique régulière
- à la prévention des cancers du sein et du col de l’utérus
- et à la nécessité de passer une mammographie tous les 2 ans pour se faire dépister

Le don participatif de 8 euros est destiné à soutenir les activités de SOS Cancer du Sein en faveur des femmes atteintes de cancers gynécologiques et de cancer du sein.

Un tee – shirt sera offert sur présentation du billet aux 200 premiers inscrits

Comment le yoga aide-t-il à nous accepter ?

mai1

Le yoga « révélateur d’authenticité »

Ce qu’il y a de bien avec le yoga, c’est qu’à tous les coups l’on gagne. Oui, on est certain qu’à chaque séance, on se rassemble un peu plus, que petit à petit, on s’approche d’un alignement corps/esprit, que l’on se concentre sur son souffle et sa respiration, mais aussi sur ce que notre corps est prêt à faire aujourd’hui (et non hier ou demain). Tout se joue là, sur le tapis de yoga, cette magnifique « surface de réparation ». Peut-être que la semaine dernière, j’arriverai à toucher mes genoux avec la tête, peut-être qu’il y a un mois, j’avais réussi à tenir en équilibre sur un pied pendant deux minutes sauf qu’aujourd’hui, ici et maintenant, il en est tout autrement. Oui, le yoga, c’est véritablement la pratique qui valide l’adage « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve ».yoganice yoga nice A chaque début de cours, c’est le même cérémonial : la prof nous demande si nous avons des douleurs particulières, des blessures à signaler… Et là, la séance se transforme en véritable « cour des miracles ». Chacun confie ses « ligaments croisés sur une piste rouge verglacée dans les Alpes », cette « cheville qui dévisse depuis ces dix années de danse classique », cette « lombaire qui ne veut décidément pas reprendre le chemin rectiligne de notre colonne vertébrale »… Bref, chacun, avec humilité, ose montrer sa vulnérabilité, et se présenter tel qu’il est avec le corps qu’il a !Et je ne vous mène pas en bateau ! Je vous mène plutôt vers la posture du bateau (qui est une posture de yoga, qui fait bien travailler les abdos, j’invite d’ailleurs les plus curieux d’entre vous à faire une recherche sur internet) pour voir à quel point le yoga, c’est engageant ! Oui, ça demande de l’engagement, des muscles (certains inavouables ou encore inconnus au bataillon), mais aussi de l’engagement moral. Le corps et l’esprit.On a vraiment le sentiment que le yoga fait tomber les masques…Le yoga, c’est un « révélateur d’authenticité ». Et si à chaque début de cours, nous sommes invités à déposer nos blessures, la fin de chaque séance, elle, se transforme en invitation à « rendre les armes », à s’offrir tel quel au monde, allongé sur le sol, pour recevoir les bénéfices de notre pratique, le temps du savasana, la posture dite « du cadavre », celle de repos, qui clôture la succession de postures. C’est d’ailleurs ce que la prof nous a invité à faire. A « déposer nos armures » et je vous jure que dans le décor de cette salle de yoga, avec des mandalas au mur et des gongs suspendus, j’ai véritablement entendu tomber symboliquement des dizaines d’armures métalliques, qui ont pris la forme sonore de bâillements, et de relâchement corporel, personnel puis collectif !Une fois cette cuirasse au sol, la prof nous a invité à prendre soin de ce corps. Ça commence par là, parce que je peux me donner à moi-même. C’est d’ailleurs en prenant soin de moi, que je montre aux autres, et à la vie en général, comment je demande à être traitée, à être honorée. La prof nous a donc invité à nous frotter les mains, pour créer comme une petite bouillotte naturelle et se les passer ensuite sur les yeux, sur les mâchoires, sur la tête, s’offrir comme une petite douche de chaleur, d’abord, pour nous.

Et enfin, comme pour clôturer cette déclaration d’amour à nous-même, à notre corps, elle nous a proposé de nous prendre dans les bras. Mais attention, pas de nous lancer dans une session de « câlins gratuits », de free hugs. Mais simplement de se prendre dans les bras, tout seul, avec soi-même en croisant les bras, et en s’attrapant les épaules. Une posture qui au-delà de ses vertus relaxantes, délassantes, nous ramène justement à comprendre, à intégrer, que c’est en se donnant d’abord de l’amour et de l’attention, que j’arrive par la suite, à en donner ainsi qu’à en recevoir.

Anne CAZAUBON Anne Cazaubon – Europe 1 – Emission Antidote
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