Le Yoga classé au patrimoine culturel immatériel de l’Humanité par l’UNESCO

CINQ NOUVEAUX ÉLÉMENTS SUR LA LISTE REPRÉSENTATIVE DU PATRIMOINE CULTUREL IMMATÉRIEL DE L’UNESCO, DONT LE YOGA.

yoga nice yoganiceDakar, 1er déc  – Cinq nouveaux éléments ont été ajoutés, jeudi matin, à la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, suite aux décisions adoptées en Éthiopie par le Comité de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, qui siège jusqu’au 2 décembre, a annoncé l’organisme onusien en charge de l’éducation et de la culture.

Les 5 nouveaux éléments sont la fauconnerie, le Yoga, la fête de Khidr et l’expression des vœux, l’Almezmar (danse du bâton au son des tambours), le koures (lutte).

Le yoga, né en Inde et populaire dans le monde entier, a été inscrit jeudi sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Humanité par un comité spécialisé de l’Unesco réuni à Addis Abeba.

« La philosophie derrière la pratique ancienne du yoga en Inde a influencé de nombreux aspects de la société indienne », note dans un communiqué l’organisation de l’ONU pour la science et la culture, dont le siège est à Paris.

Pratiqué à « tous les âges, sans discrimination de sexe, de classe ou de religion », il « associe des postures, de la méditation, une respiration contrôlée, des récitations de paroles et d’autres techniques visant à épanouir l’individu, à atténuer les douleurs et permettre un état de libération », résume l’Unesco.

  • Digg
  • Del.icio.us
  • StumbleUpon
  • Reddit
  • Twitter
  • RSS

Le silence selon Yehudi Menuhin

 » Le silence est une tranquillité mais jamais un vide ; il est clarté mais jamais absence de couleur ; il est rythme ; il est le fondement de toute pensée.  » Yehudi Menuhin

yoganice yoga nice

 

  • Digg
  • Del.icio.us
  • StumbleUpon
  • Reddit
  • Twitter
  • RSS

Ouverture d’esprit

« C’est toi qui imprègne l’univers, et cet univers existe en toi. Ta vraie nature est pure conscience. N’aie pas l’esprit étroit. » Ashtavakra-Gita (800-400 AV. J.C.). Inde

Tags: , ,

  • Digg
  • Del.icio.us
  • StumbleUpon
  • Reddit
  • Twitter
  • RSS

« J’ai testé le yoga bikram: non merci! »

Le yoga bikram se pratique dans une salle où la température dépasse les 40 degrés et le taux d’humidité les 35%. (Par Camille Moreau, journaliste à l’Express).

La chaleur n’a jamais vraiment été mon truc. D’ailleurs au-delà de 30 degrés, mon corps semble refuser le moindre effort et des plaques rouges apparaissent sur mon buste. Alors passer 90 minutes dans une salle dépassant les 40 degrés pour reproduire le climat cher à son fondateur l’Indien Bikram Choudhury ne m’emballait pas tellement. Mais curieuse de découvrir le yoga Bikram et surtout de tester ma résistance physique et mentale, j’ai finalement poussé la porte d’un centre du IXe arrondissement à Paris, persuadée que je ne tiendrai pas toute la durée de la séance.

yoga nice yoganice

Résister à la chaleur

Comme conseillé sur le site, j’arrive à la salle avec pour seule tenue de sport un legging léger et une brassière. Déjà un brin stressée par la température qui m’attend, je manque de faire demi-tour lorsque la professeure m’indique à mon arrivée que je vais ressentir des sensations de vertiges mais que « c’est normal, c’est le corps qui travaille, il ne faudra pas paniquer ».

La curiosité et l’envie de découvrir les bienfaits vantés par la discipline l’emportent, j’entre finalement dans les vestiaires où la chaleur frôle déjà les 30 degrés. Je m’habille en vitesse et c’est parti!

En entrant dans la salle, j’ai l’impression de pénétrer dans un hammam. Je préfère m’installer près de la porte, on ne sait jamais. La chaleur est intense. La plupart des participants sont allongés sur le sol pour habituer leur corps à la température de la pièce. Bonne surprise, la salle me paraît propre, le sol est duveteux mais dans une matière plastique qui paraît facile à nettoyer et il n’y a pas d’odeur de transpiration.

Pendant 25 minutes, on débute par des exercices de respirations qui vont aider à trouver un rythme calme et à supporter la chaleur sans suffoquer. En 10 minutes je suis en nage et complètement groggy, mais je m’accroche.

Durant les 65 minutes qui suivent, la professeure, perchée sur une estrade, nous guide dans les 26 postures du bikram qui s’enchaînent, tout en nous conseillant de boire régulièrement.

Souplesse et vide de l’esprit

J’ai plus l’impression de relever un défi que de pratiquer une activité sportive. Avec la chaleur, mon corps me paraît plus malléable et réceptif à la réalisation des différentes postures. Je gagne en souplesse, je m’étire. Ça fait du bien.

Autre effet du yoga Bikram, je ne pense à rien d’autre qu’à ma respiration et à rester calme. C’est donc un bon moyen de faire le vide. Cet état de concentration intense est dû à la température élevée qui place le corps dans un état second au cours duquel il lui est difficile de penser à autre chose qu’à sa résistance.

La séance se termine sur un enchaînement durant lesquels je peine à rester debout. Je suis vidée et ressens les fameux étourdissements dont me parlait la coach.

Le cours s’achève. En chuchotant, la professeure nous félicite pour « ce bel effort » et s’éclipse discrètement. On s’allonge, on récupère, on reprend peu à peu nos esprits et on quitte la salle à notre tour. Dans le vestiaire, le silence est de mise, chacun sort doucement de l’état d’endormissement provoqué par la chaleur.

Je prends le métro, toujours plongée dans cet état second. Je suis fière d’être restée jusqu’au bout. Défi relevé!

Une chaleur qui n’est pas sans risques

Plutôt emballée et fière de moi en sortant du cours, je dois avouer que j’étais alors à deux doigts de m’inscrire. Jusqu’à ce que le lendemain je me sente fatiguée, vaseuse et que je ressente des douleurs dans les jambes. Elles dureront près d’une semaine. Rien de grave, mais je cogite et m’interroge sur les risques de la discipline. S’imposer 90 minutes de chaleur intense dans une salle fermée avec peu d’aérations n’est-il pas sans risques pour le corps?

J’ai posé la question au Dr Michel Gaillaud. Ancien médecin chef de l’Olympique de Marseille. Il s’occupe de nombreux sportifs, dont certains médaillés aux Jeux Olympiques et s’intéresse plus particulièrement à la chronobiologie de l’effort.

Selon lui, le yoga Bikram est avant tout une discipline « marketing ». « Il n’y a pas d’élimination des toxines par la sudation, sinon, dans les zones tropicales, les gens ne seraient jamais malades », assure-t-il.

A mes interrogations sur les risques potentiels sur la santé, Michel Gaillaud m’explique que cette chaleur extrême est néfaste pour la circulation du sang mais peut également provoquer des troubles cardiaques. « La chaleur élève le rythme cardiaque. C’est un effort important pour le corps qui, si vous souffrez de problèmes de coeur, peut conduire à un arrêt cardiaque. »

Pour lui, cette manière de pratiquer le sport est illogique et néfastesur le long terme. « Le corps déteste les à-coups. Par exemple, lorsqu’un enfant a 40 de température et convulse, c’est parce que la température est montée trop rapidement. En restant 90 minutes dans une salle soumise à une chaleur extrême, vous risquez un coup de chaud qui se caractérise par une hébétude, des contractures, un comportement inhabituel, une soif importante ou encore l’envie de vomir », explique-t-il. Une consultation médicale préalable semble donc requise lorsque l’on souhaite se mettre à cette activité.

Bilan

Après réflexion, même si en sortant de la salle j’étais plutôt emballée par le fait d’avoir pu lâcher-prise et faire le vide pendant 90 minutes, les étourdissements et l’état second dans lequel je me suis trouvée durant le cours m’ont finalement effrayée. L’avis médical de Michel Gaillaud a confirmé mes réticences et m’a donnée envie de me tourner vers une pratique qui ne brusque pas mon corps de manière aussi violente. L’espace confiné associé à une chaleur oppressante, ce n’est finalement définitivement pas pour moi.

Source L’Express : http://www.lexpress.fr/styles/forme/l-avis-de-la-redac-j-ai-teste-le-yoga-bikram-non-merci_1853057.html

  • Digg
  • Del.icio.us
  • StumbleUpon
  • Reddit
  • Twitter
  • RSS

Grâce au yoga, diminuez le risque de blessures

Avec ces gestes simples à réaliser chaque matin, Beverly Mathews, yogi marathonienne qui vit à Mumbai (ex-Bombay) vous aide à soulager les points de tension. Le yoga parfait pour diminuer les risques de blessure.

Le yoga est très bénéfique pour le corps car il apporte plus de souplesse, améliore l’amplitude des mouvements et rajoute de la force musculaire, sans oublier le mental, car il fait aussi travailler la concentration et la gestion du stress, ce qui peut être intéressant pour un coureur. La pratique du yoga améliore donc les performances en course à pied et diminue le risque de blessure. Il soulage également les courbatures et les tensions dans les muscles mobilisés par votre pratique régulière de la course à pied. Voici quelques postures que vous conseille notre yogi, à réaliser après votre entraînement et/ou pendant votre jour de repos.

POSTURE DU CHIEN TÊTE EN BAS

Objectif : Pour étirer les ischio-jambiers, les mollets et la voûte plantaire, et renforcer les épaules.

© Mitch Mandel
© Mitch Mandel

Posture : Commencez sur vos mains et vos genoux. Alignez vos poignets dans l’axe de vos épaules et vos genoux dans l’axe de vos hanches. Tendez vos doigts et poussez sur vos paumes de main. Rentrez vos orteils et décollez vos genoux du sol. Tendez doucement vos jambes en soulevant votre bassin pour former un V inversé. Effectuez 10 profondes respirations. Lorsque vous sentez vos muscles se relâcher, tendez un peu plus vos jambes et rapprochez vos talons du sol.

POSTURE DE LA FENTE BASSE

Objectif : Pour étirer les muscles fléchisseurs de la hanche, et renforcer les ischio-jambiers et les quadriceps.

© Mitch Mandel
© Mitch Mandel

Posture : À partir de la posture du chien tête en bas, avancez votre pied droit et placez-le entre vos mains. Descendez votre genou gauche et, tout en gardant le genou droit en place, faites glisser le gauche vers l’arrière. Posez le dessus de votre pied gauche sur le sol et redressez votre torse. Ramenez vos bras sur le côté et tendez-les vers le ciel. Positionnez votre coccyx vers le sol et levez la tête pour regarder vos mains. Effectuez 10 respirations, relâchez et recommencez avec l’autre jambe.

POSTURE DES ORTEILS

Objectif : Pour prévenir la fasciite plantaire en étirant les tibias et la voûte plantaire.

© Mitch Mandel
© Mitch Mandel
© Mitch Mandel
© Mitch Mandel

Posture : Mettez-vous à genoux sur votre matelas de yoga en vous asseyant sur vos pieds, les orteils retournés sur le sol (vous pouvez placer une brique yoga ou un oreiller entre vos talons et vos mollets). Effectuez 10 respirations. Ensuite, posez vos pointes de pied sur le sol, placez vos mains derrière vous et penchez-vous en arrière tout en essayant de lever vos genoux. Si vous n’y arrivez pas, pas de panique. Vous sentirez quand même que ça tire au niveau de vos tibias et de votre voûte plantaire.

POSTURE ALLONGÉE PIED EN MAIN

Objectif : Pour étirer les ischio-jambiers.

© Mitch Mandel
© Mitch Mandel

Posture : Allongé sur le dos, les jambes étendues sur le sol. Ramenez votre genou droit contre votre poitrine, passez une sangle de yoga (ou une serviette) sous votre voûte plantaire et tenez les deux extrémités avec votre main droite. Essayez de tendre votre genou droit. Lorsque vos ischio-jambiers se détendent un peu, tendez davantage. Surtout, ne forcez pas. Vous devriez avoir une bonne sensation d’étirement au niveau de la partie inférieure de l’arrière de la cuisse. Effectuez 10 respirations
et changez de jambe.

POSTURE DU PIGEON COUCHÉ

Objectif : Pour délier les tensions, et assouplir les hanches.

© Mitch Mandel
© Mitch Mandel

Posture : Allongez-vous sur le dos, ramenez vos genoux contre votre poitrine, les cuisses parallèles et écartées selon la largeur de votre bassin. Ramenez votre cheville gauche sur votre cuisse droite. Passez votre bras gauche sous votre mollet gauche et votre bras droit à l’extérieur de la cuisse droite. Croisez vos mains derrière la cuisse droite et fléchissez votre pied gauche. Si besoin, placez un oreiller sous celle- ci. Effectuez 10 respirations puis changez de jambe.

POSTURE ALLONGÉE DE LA TÊTE DE VACHE

Objectif : Pour augmenter l’amplitude de mouvement de votre bassin, et détendre vos fessiers et vos ischio-jambiers.

© Mitch Mandel
© Mitch Mandel

Posture : Allongez-vous sur le dos et croisez vos genoux en plaçant votre jambe droite sur votre jambe gauche. Maintenez votre pied droit avec votre main gauche et votre pied gauche avec votre main droite. Ou attrapez vos tibias. Ramenez vos talons vers votre corps, puis vers l’extérieur et vers le haut. Effectuez 10 respirations puis recommencez avec la jambe gauche sur la jambe droite.

POSTURE DE LA TORSION ALLONGÉE

Objectif : Pour détendre le bas du dos, et étirer les fessiers.

© Mitch Mandel
© Mitch Mandel

Posture : À partir de la posture allongée de la tête de vache (la jambe droite sur la jambe gauche), penchez vos jambes sur le côté gauche en maintenant le haut de votre dos et votre tête sur le sol. Tendez vos bras sur les côtés et tournez votre tête vers la droite. Effectuez 10 respirations et changez de jambe (et donc de côté pour la torsion).

POSTURE DES JAMBES SUR LE MUR

Objectif : Pour libérer la tension dans les jambes, les pieds et le dos, et étirer les ischio- jambiers et les fessiers.

© Mitch Mandel
© Mitch Mandel

Posture : Allongez-vous en positionnant votre bassin près d’un mur avec vos jambes contre celui-ci (en l’air). Rapprochez votre bassin du mur pour que ce soit le plus confortable possible. Maintenez cette position autant de temps que vous le désirez (10 respirations, 10 minutes…). Certaines personnes font même une sieste – le sommeil est très réparateur.

Source :  Runner’s World France

  • Digg
  • Del.icio.us
  • StumbleUpon
  • Reddit
  • Twitter
  • RSS

Soyez original…comme tout le monde !

yoganice yoga niceEva Ruchpaul, l’une des pionnières du yoga en France, a fondé en 1971 l’Institut Eva Ruchpaul où ont été formés plus d’un millier d’enseignants qui exercent en France et à l’étranger.

Santé Yoga: Que pensez-vous du déferlement de toutes ces nouvelles formes de yoga ?

Eva Ruchpaul Les civilisations sont aux prises avec les phénomènes dus au nombre. Seule, la quantité compte : dire combien on a d’élèves, qu’il s’agisse de yoga ou d’autre chose, combien on a gagné. Immeubles achetés, train de vie font de vous un personnage important. Toutes les formes de sociétés pléthoriques engendrent le panurgisme : on court où tout le monde va. Et puis, l’information est manipulatoire : puissance des médias et mercantilisme endémique.

S.Y. Cette fièvre d’expansion est-elle nouvelle ?

E.R.Non, de même que dans le cas des disciplines extrême-orientales. Les poussées cycliques sont banales, sans lendemains : il n’y a pas de stabilité dans la clientèle. C’est, par exemple, dans les années 70 la vogue des Tantras, pratiques à connotation pseudo sexuelle venues d’Amérique. Alors, sont publiés de grands articles dans la presse et ont lieu des congrès internationaux, médecins en tête. De luxueuses installations ouvrent leurs portes sur les Champs Elysées. Le public visé par ce type d’informations est certes très nombreux mais instable, momentané. Il semble logique qu’une certaine presse sache en profiter et remplisse ses colonnes avec les «nouveaux régimes», l’Aérobic de Jane Fonda. Qui sait encore aujourd’hui de quoi il s’agissait? Il me semble que les nouveaux yoga suivent les mêmes traces. Comme le dit l’ethnologue, auteur de polars, Fred Vargas : « Ici, comme partout, il y a beaucoup de têtes creuses qui ont vite fait de se remplir de n’importe quoi, si possible du pire. C’est ce que tout le monde préfère, le pire. On s’ennuie tellement ».

S.Y. Pourquoi ces lubies mystico gymniques s’appellent-elles yoga ?

E.R.Parce que le terme est vendeur actuellement. Maintenant, le phénomène se fera-t-il une place en France ? Sans doute, bien qu’il soit presque un peu tard. L’implantation américaine est déjà en voie de décadence. Mais une autre contagion viendra, qui passera elle aussi. Depuis son surgissement, environ 60 siècles avant J.C., les principes et « exercements » psychosomatiques issus de l’Inde ont connu des avatars multiples, ne serait-ce que leurs revêtements « religiositaires » : d’abord totalement laïques, hors croyances, ils ont revêtu les vertus brahmaniques, puis bouddhistes, puis tantriques, puis à nouveau… Indéfiniment semblables à travers les croyances. Ce n’est sans doute pas le mercantilisme de notre époque (Kali Yuga, l’ère de la décadence selon la tradition gangétique) qui pourra avarier le yoga dans sa valeur fondamentale.

S.Y. Quel est aujourd’hui, dans le monde, le sens du yoga ?

E.R. Primaire a la même racine que primordial… et que primate, restons modestes ! Le yoga enclot dans ses multiples formes une expérience comprenant un « exercement » personnel, basé sur les données concrètes somatiques, en tout premier l’aisance respiratoire. Cet « exercement » demande de la constance, une régularité soutenue, une totale absence de recherche de performance et une acceptation modeste des transformations possibles, y compris des changements de comportement caractériel dans l’existence normale.

Les paramètres de tempérance, dans tous les axes, de gestion pratique et durable, d’absence d’ostentation, ne peuvent séduire notre contemporain dans sa formule actuelle d’Outre-Atlantique. Je ne crois pas que le type d’expérience qui sévit actuellement aux Etats-Unis, en vastes troupeaux, pourra s’implanter durablement chez l’Européen. Peut être juste une flambée de curiosité, une visite éclair dans les salles chauffées à 40° afin de pouvoir en parler : être original (comme tout le monde !).

S.Y. Et quel est le sens du yoga « à l’américaine»?

E.R. Chercher la contrainte punitive (la violence enfin justifiée ?) pour expurger « le mal ». Se violenter, exsuder les poisons, et sortir purifié. Ce sont de vieux relents masochistes venus de déformations des religions judéo-chrétiennes. Souffrir pour mériter ? Et « Ahimsa », la non violence indienne, où la met-on ?

Eva Ruchpaul

Le site Internet d’Eva Ruchpaul

Source : Le Journal du Yoga

  • Digg
  • Del.icio.us
  • StumbleUpon
  • Reddit
  • Twitter
  • RSS

Le sage et le doute

« Tout le problème de ce monde, c’est que les idiots et les fanatiques sont toujours si sûrs d’eux, tandis que les sages sont toujours pleins de doutes. » Bertrand RUSSELL 1872-1970

yoganice yoga nice

Tags:

  • Digg
  • Del.icio.us
  • StumbleUpon
  • Reddit
  • Twitter
  • RSS

La méditation, un exercice spirituel et pas un simple remède au stress

yoganice yoga nice

Le yoga se transforme en pure gymnastique, les arts martiaux deviennent des sports de combat sans dimension de travail sur soi et la méditation un simple exercice de relaxation.

Les pratiques de retour à soi, méditation, yoga, thérapies en tout genre, ont le vent en poupe! Des centres spécialisés fleurissent un peu partout en France, plusieurs journées à thème ont investi récemment de hauts lieux culturels (24h de la méditation au Grand Rex, Méditation 2015 au théâtre du châtelet), les magazines y consacrent des numéros entiers et le public conquis s’étend toujours plus.

De quoi ce véritable phénomène de société est-il le signe, ou peut-être même le présage avant-coureur? La défiance est-elle de mise à l’égard de tout ce soudain « souci de soi » qui trahirait un hyper-narcissisme à peine déguisé sévissant dans notre société? Ou bien s’agit-il de se féliciter, avec discernement et prudence, que l’homme moderne cherche à nouveau le chemin de son intériorité?

Le phénomène est aujourd’hui beaucoup tourné en dérision par les sceptiques rationalistes. Certains y déplorent une régression vers l’irrationnel, d’autres le balaient d’un revers de la main comme un simple effet de mode ou comme un vulgaire « égo-trip ». Et l’importation de méthodes empruntées à des cultures exotiques, majoritairement extrême-orientales comme le bouddhisme zen, est taxée de « tourisme spiritualiste » ou de « pseudo-orientalisme néo-bobo ».

La pratique de la méditation réduite aux standards des loisirs modernes

Et en effet, force est de constater que dans l’offre actuelle, très prolifique, on trouve « à boire et à manger ». Beaucoup de cours ou de thérapies se donnent toutes les apparences des grandes pratiques ancestrales sans en avoir bien recueilli et adapté à l’Occident la substantifique moelle. Le yoga se transforme en pure gymnastique, les arts martiaux deviennent des sports de combat sans aucune dimension de travail sur soi et la méditation un simple exercice de relaxation destiné à soulager un psychisme saturé de stress. Apprendre à lâcher prise, accueillir le moment présent, trouver la paix intérieure, voilà les stéréotypes auxquels la méditation se trouve trop souvent réduite –au risque de l’assimiler à un super Valium! La mise en garde du grand penseur et thérapeute allemand Karlfried Graf Dürckheim semble donc avoir été aussi justifiée que prémonitoire: « lorsque [les exercices spirituels orientaux] parviennent en Occident, ils courent le danger d’être privés de leur sens initiatique et d’être transformés en banals exercices pratiques ». (1)

Quant aux motivations des nouveaux adeptes, leur observation signale le même risque de vider ces exercices de leur substance la plus authentique et exigeante. Nombreux sont ceux qui ne recourent ainsi à ces pratiques que selon les standards des loisirs modernes: pour se détendre, décompresser, se délester du trop plein accumulé pendant une journée ou une semaine surchargée. Ils s’en emparent comme moyen efficace pour mieux gérer le stress et les tensions auxquels le mode de vie moderne les soumet. Ce qui leur permet, en fin de compte, de mieux continuer à supporter les excès et les déséquilibres profonds que cette vie implique… Tout cela donc non seulement ne transforme pas l’être en profondeur mais ne transforme pas non plus le monde! Cela non plus n’avait pas échappé à K.G. Dürckheim qui déplorait qu’on puisse se saisir de ces exercices à vocation initiale d’élévation et de libération intérieure pour, au contraire, « continuer sans souffrir à suivre une voie fausse » (2).

K.G. Dürckheim déplorait qu’on puisse se saisir de ces exercices à vocation initiale d’élévation et de libération intérieure pour, au contraire, « continuer sans souffrir à suivre une voie fausse ».

Conduire à des degrés d’éveil, selon un projet au long cours de réalisation spirituelle

Il ne me semble pas inutile par conséquent de rappeler le sens originel de ces pratiques. Car il est en fait d’un tout autre ordre, d’une toute autre dignité. Leur objectif réel n’est pas d’apporter un peu de repos et de bien-être mais de conduire à des formes et des degrés d’éveil, selon un projet au long cours de réalisation spirituelle, c’est-à-dire de découverte en soi, et d’accomplissement, de notre être essentiel distingué de notre ego ordinaire! C’est en cela que leur vocation est fondamentalement « initiatique » comme le rappelait encore K.G. Dürckheim. Comment? Toutes les traditions de sagesse de la planète –des philosophes et thérapeutes de l’Antiquité (l’école des stoïciens ou celle de Philon d’Alexandrie) aux maîtres hindous, taoïstes, bouddhistes, soufis, hassidiques, etc.- nous indiquent qu’au fond de nous, dans notre terre intérieure, gît le trésor ou la semence de cet être essentiel qui est aussi bien notre capacité créatrice que notre singularité –ce que chacun a d’unique. A travers la répétition régulière, continue et toujours plus approfondie de ces exercices introspectifs, nous mettons en culture cette terre pour qu’elle puisse donner ses fruits. Nous travaillons à réveiller notre être essentiel –Platon disait à nous en « ressouvenir »- ou plus exactement à éveiller notre conscience ordinaire à sa présence en nous. Avec comme but ultime de semer dans le monde les graines ainsi cultivées dans notre intériorité, de l’enrichir de ce qu’on détient d’unique et de meilleur.

Prenons garde avec les pratiques du retour à soi à ne pas en rester… à soi! Martin Buber écrivait : « Commencer par soi, mais non finir par soi; se prendre pour point de départ, mais non pour but; se connaître mais non se préoccuper de soi ».

Réaliser un progrès d’être dans le souci d’agir avec plus de justesse

Et nous arrivons là au dernier point que je souhaite préciser ici: prenons garde avec les pratiques du retour à soi à ne pas en rester… à soi! « Commencer par soi, mais non finir par soi; se prendre pour point de départ, mais non pour but; se connaître mais non se préoccuper de soi », voilà toute la subtilité et l’enjeu éthique d’une véritable démarche spirituelle telle qu’énoncée par Martin Buber dans Le chemin de l’homme (3). Et c’est sans doute finalement cette différence d’horizon qui distingue le plus un exercice spirituel d’une méthode dite de « développement personnel ». Qu’est-ce que je vise dans ma méditation, ma séance de yoga, mon moment d’introspection: « ma réussite personnelle » ou « le succès de la vie » (4) -pour reprendre ici la distinction édifiante de Teilhard de Chardin? Est-ce que je cherche à développer mes capacités de concentration, mon self-control, ma résistance au stress, afin d’être plus performant dans mes activités professionnelles et « assurer » dans ma vie personnelle? Ou est-ce que je cherche en moi-même les moyens de me dépasser, de réaliser un progrès d’être et de conscience non pas à mon seul avantage mais dans le souci d’agir avec plus de justesse dans le monde, de m’inscrire de façon plus féconde, plus généreuse, plus harmonieuse dans l’ensemble du vivant? Voilà le type de questions que nous gagnerions à nous poser pour être bien conscients de la dimension plénière des pratiques où nous sommes aujourd’hui de plus en plus nombreux à nous réengager…

Est-ce que je cherche en moi-même à agir avec plus de justesse dans le monde, à m’inscrire de façon plus féconde, plus généreuse, plus harmonieuse dans l’ensemble du vivant?

Il me semble d’autant plus important de rappeler cela maintenant que je perçois dans le succès actuel des pratiques du retour à soi, notamment celles rassemblées sous la dénomination « développement personnel », beaucoup d’aspirations spirituelles, peut-être tâtonnantes ou confuses, mais qui sont sans doute l’un des premiers signes du grand réveil des intériorités qui marque notre entrée dans le XXIème siècle! Après des décennies dominées par le rationalisme, le positivisme et le matérialisme, l’homme moderne est devenu boîteux, à force d’avoir surinvesti son moi social, tourné vers le monde extérieur, et délaissé son être profond. Il est surdéveloppé extérieurement car il a atteint un niveau de maîtrise des conditions matérielles de son existence sans précédent et il ne compte plus que sur les ressources du monde extérieur pour lui apporter tout ce dont il a besoin pour épanouir son corps et son coeur. Et sous-développé intérieurement, car la sécularisation s’est accompagnée d’une déconsidération pour la vie intérieure et a abouti en quelques décennies à ce que K. G. Dürckheim appelle « le grand oubli de l’Etre ».

Un changement de civilisation, un équilibre entre l’être-au-monde et l’être-à-soi

Or c’est justement ce refoulé qui tente aujourd’hui de faire retour, me semble-t-il, à travers cet afflux de nouveaux chercheurs de sens, chercheurs de « soi » (ou du « Soi », c’est-à-dire de l’être essentiel). Derrière la variété des voies empruntées, qui exprime légitimement le désir de liberté, et malgré la maladresse et la confusion des premiers pas, tous ceux-là aspirent au fond à réinsuffler de l’ « être » dans tout le pouvoir « faire » et « avoir » de la vie moderne; ils aspirent à agir dans le monde à partir de leur élan intérieur et non par simple conformisme aux exigences sociales. Derrière ce qui pourrait donc a priori s’apparenter à un vulgaire effet de mode, voire à un trip narcissique, c’est une mutation beaucoup plus profonde qui me semble en marche. Derrière toutes ces recherches individuelles, c’est un véritable changement de civilisation qui se prépare, fondé sur un meilleur équilibre entre l’être-au-monde et l’être-à-soi.

Mais, dans l’état d’inculture spirituelle qui est le nôtre actuellement, ces aspirations en restent pour l’heure trop fréquemment à des formes d’expression superficielles et encourent ainsi le risque de perdre leur élan et de s’affaisser sur elles-mêmes. Il nous appartient donc de relever le niveau d’exigence en rehaussant le niveau de connaissance. Il nous revient de veiller à nous réapproprier, en même temps que les méthodes ancestrales, la véritable culture spirituelle dont elles sont porteuses. Quoi de plus naturel et impérieux, en effet, que de nous tourner vers les trésors de ressources offerts par les différents héritages de sagesse de l’humanité, à l’heure où devient elle-même si impérieuse la nécessité de réinvestir le monde des profondeurs, de se remettre à cultiver nos terres intérieures pour redonner une dimension spirituelle à nos existences. Mais veillons bien à en retrouver l’esprit avant d’en appliquer la lettre… Et peut-être même alors qu’en vertu de cet esprit, nous saurons mieux adapter la lettre aux conditions du temps présent et à la singularité de chacune de nos existences.

Inès Weber – Psychologue clinicienne, psychothérapeute

Source : Huffington Post

(1) Karlfried Graf Dürckheim, L’expérience de la Transcendance, Albin Michel, 1994, p. 69

(2) Karlfried Graf Dürckheim, L’homme et sa double origine, Albin Michel, 1996, p. 187

(3) Martin Buber, Le chemin de l’homme, Editions Alphée, 2007, p. 42

(4) Pierre Teilhard de Chardin, Etre plus, Paris, Editions du Seuil, 1968, p. 28

  • Digg
  • Del.icio.us
  • StumbleUpon
  • Reddit
  • Twitter
  • RSS

La plus belle médecine

yoga nice yoganice

  • Digg
  • Del.icio.us
  • StumbleUpon
  • Reddit
  • Twitter
  • RSS

Je suis un être humain

yoganice yoga nice

  • Digg
  • Del.icio.us
  • StumbleUpon
  • Reddit
  • Twitter
  • RSS
Association Yoganice
8 rue Delille
Nice
06300
FRANCE