Le Yoga d’Isabelle

Yoga et Méditation

Le tapis de yoga est une école d’humilité, de patience et de persévérance

octobre22

Source : L’Orient – Le jour Interview d’Isabelle Morin-Larbey par Jeanine JALKH.

En marge du colloque qui a été organisé la semaine dernière à l’Université Saint-Esprit de Kaslik par le syndicat libanais des enseignants de yoga (SLEY) pour comprendre la différence entre spiritualité et religieux à travers le prisme du yoga, la présidente de la Fédération nationale des enseignants de yoga en France (FNEY), Isabelle Morin-Larbey, éclaire les coulisses de cette discipline pour en révéler les fondements et la philosophie, mais aussi les limites et les déviations qui entachent l’image de cette pratique millénaire aux multiples bienfaits.

La réticence de la religion à l’encontre du yoga peut-elle être dissipée par le dialogue et la rencontre de l’autre ?

Oui, cette réticence existe, parfois en France aussi, mais il y a en même temps une grande ouverture envers cette discipline. On peut témoigner des deux types d’attitude. Il faut d’abord poser les fondements du yoga, qui est un système philosophique. Personne ne peut se convertir à l’hindouisme. On naît hindou, mais on ne peut pas le devenir. C’est une réalité tangible. Dans la pratique du hatha yoga, l’étude du corps, du souffle et des textes mène à la connaissance de soi et la réflexion vient rencontrer l’être humain dans sa totalité, c’est-à-dire dans sa façon de se tenir dans le monde. Il n’y a aucune raison qu’il y ait une frilosité quelconque de la part de l’Église ou des milieux religieux. Cela dit, leurs craintes peuvent parfois être justifiées, puisqu’on peut rencontrer dans le monde du yoga certaines pratiques déplacées et aberrantes qui sont le résultat d’interprétations erronées ou farfelues. Je cite par exemple ces pratiques avec des jeunes, accompagnées de tequila ou de bière. C’est du n’importe quoi, que je pourrais mettre sur le compte de la provocation adolescente. Cela n’a rien à voir avec le yoga.

Il y aurait donc des déviations dont il faudrait se méfier ?

Certains groupements peuvent effectivement virer parfois aux sectes en utilisant le yoga comme appât pour mettre la main sur la psyché des personnes, en demandant par exemple des jeûnes excessifs pour se purifier. Ce n’est pas seulement inadapté, c’est dangereux. Il peut y avoir parfois une forme de manipulation, que ce soit au niveau de la tenue vestimentaire ou par exemple le fait d’exiger que l’on se prosterne devant la photo de quelqu’un. Cela ne peut que choquer et interloquer toute personne de bon sens, pas seulement l’Église. Dans ce cas, il faut plier son tapis et s’en aller. Car si vous commencez à intervenir de manière subjective dans la pensée de la personne, vous n’êtes plus à votre place en tant que professeur de yoga. Tout le travail du yoga est dans la lenteur et le discernement. C’est un cheminement. C’est la personne elle-même qui s’en saisit et qui y travaille. Le professeur n’est que le révélateur, mais ne doit pas intervenir, surtout sur le plan spirituel.

Le chemin que nous faisons à l’intérieur de soi nous ouvre au monde, et non le contraire. Il ne s’agit pas de s’isoler et de se retirer du monde. Le yoga rend autonome. Il ne s’agit en aucun cas d’avoir une mainmise sur la psyché de quelqu’un. Le yoga pratiqué dans son éthique, c’est l’antisecte.

Le yoga est un tout et s’adresse à l’être humain dans cette totalité. C’est un peu ce que font les religions…

Il n’y a pas d’incompatibilité entre les deux, car si la personne a la foi, elle n’ira pas puiser ailleurs. Et si elle ne l’a pas, elle va pourvoir reconnaître qu’elle n’est pas toute-puissante, contrairement à ce que la publicité actuelle essaye de nous faire croire. Le tapis de yoga est une école d’humilité, de patience et de persévérance. Le souffle me ramène à cette humilité. Il ne m’appartient pas, puisque je suis traversé par le souffle et que je vis à travers lui. J’expire, je donne, j’inspire, je reçois. Je ne vis que grâce à quelque chose que je ne posséderai jamais.

Le yoga se trouve à un carrefour où convergent plusieurs disciplines : le sport, la psychologie, le développement personnel, la spiritualité. Comment le différencier d’autres domaines ?

Le yoga n’est ni un sport ni une thérapie. Il a des effets thérapeutiques, mais les enseignants de yoga ne sont pas des thérapeutes. Dans certains cas, le yoga est même contre-indiqué pour certaines pathologies, dans le cas de psychoses avérées et de schizophrénies, notamment. Les enseignants de yoga ont souvent un bon carnet d’adresses pour orienter les personnes vers les spécialistes – un médecin, un psychologue ou un psychiatre – en cas de besoin.

Le yoga serait donc un complément de thérapie ?

C’est un accompagnement en toute situation. Car ne serait-ce que du point de vue physique, le yoga nous redonne confiance. Il nous permet de trouver des appuis en nous. À la différence du sport conventionnel, le yoga table énormément sur le souffle et sur l’attention, sans chercher à obtenir un résultat en termes d’objectifs de performance à atteindre. Le yoga s’adapte à la personne. En tant que professeur, je peux moduler les postures selon celui qui est en face de moi. Ce qui est important dans un cours, c’est le fait qu’il peut accueillir tout le monde sans exclusion. Nous sommes dans des sociétés anxiogènes qui excluent l’autre, qui ne trouve plus sa place. Dans un cours, on pratique ensemble, mais chacun à son rythme, à sa mesure, parce que le professeur est capable de donner des adaptations : soit en intensifiant les postures pour les personnes qui peuvent les pratiquer sans se faire mal, soit, au contraire, en proposant des moyens régulateurs, entre autres, si la personne est âgée ou s’est fait opérer de la hanche. Le tout dans une optique d’aisance et de fermeté bienveillantes pour être, in fine, dans un état d’équanimité.

Quid des pratiques apparentées au yoga telles que la méditation ?

La méditation fait partie des étapes du yoga. C’est la septième étape, dite « dhyāna ». Malheureusement, on confond souvent concentration – « dharana », la pleine conscience ou mindfulness – et la méditation. Développer son attention est nécessaire et salutaire, mais la méditation est un état au-delà de la concentration – autour d’un point du corps par exemple, ou d’une attention portée au souffle. La méditation est donnée (« dhyāna »). C’est un état où la réflexion n’a plus lieu. Mais aujourd’hui, on est en train d’essayer de scinder le yoga : le corps d’un côté, et l’esprit de l’autre. C’est d’ailleurs ce que d’aucuns ont reproché à la tradition judéo-chrétienne, mal comprise : séparer le corps et l’esprit. C’est ce qu’on est en train de tenter de faire aujourd’hui avec cette discipline indienne. Le contresens est majeur. Diviser, morceler afin de mettre plus facilement la main sur… Lorsqu’il n’y a plus d’ancrage dans le corps, on devient plus vulnérable et certaines méditations en deviennent plus risquées. Il ne faut pas oublier que nous sommes un tout. Le yoga, c’est ne pas se nuire et ne pas nuire à l’autre – c’est le principe de l’« ahimsa ».

Symboliques du corps dans la pratique contemporaine du hatha-yoga

septembre25

 La pratique contemporaine du hatha-yoga (yoga des postures de souplesse) dans un contexte mondialisé est confrontée au problème de la rencontre de deux systèmes anthropologiques de représentation du corps, deux ontologies (Descola, 2001) qui définissent des rapports divergents au corps propre du pratiquant : d’un côté la lecture traditionnelle, et particulière au savoir yogique, du corps-esprit (Varela, 1999) traversé de symboles codifiés et, de l’autre, la vision critique d’un corps-objet investi de significations fluctuantes, tel qu’il a été décrit par la psychanalyse dans le cadre de l’ontologie moderne (Dor, 1992). Cette opposition et l’ensemble de dissonances qu’elle suscite, est caractéristique de la transposition présente des techniques et savoirs orientaux vers un horizon occidental. La question qui apparaît au pratiquant est la suivante : dans quel système de référence comprendre les diverses expressions du corps que suscite le hatha-yoga ? Sans prétendre solutionner le dilemme, nous souhaiterions présenter un élément de progression dans la compréhension de l’expression du corps. Cet élément correspond à l’apport du yoga du Cachemire, renouvellement du hatha-yoga à partir du viiie siècle. La pratique cachemirienne confère au corps du pratiquant une capacité d’expression non par une lecture symbolique ou psychologique, mais par une attention plus grande au vécu propre, une phénoménologie radicale, appliquée à la pratique. Pour tenter d’approcher la spécificité d’une telle pratique, qui requiert l’expérience d’un vécu subjectif, nous esquisserons une description phénoménologique, selon la méthode de l’observation participante (Laplantine, 2001).

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Le problème en yoga de l’interprétation
des manifestations du corps

Corps-symbole dans l’ontologie analogique

Les yogis disent que « le corps est la Voie ». Le corps, notamment par ses disfonctionnements, ses raideurs, ses blocages nous indique où est la part de souffrance, quelle est la dimension de notre être à laquelle nous devrions prêter attention, que nous devrions tacher de manifester pour que, selon eux, le prâna (« énergie vitale » en sanskrit) puisse circuler de nouveau de façon harmonieuse. Et ce corps est corps-esprit : la tradition yogique est avertie du lien indissociable existant entre nos émotions, nos états psychiques et le corps (Baret, 2007). Les expressions de ce corps peuvent guider la pratique car le corps lui-même porte la marque d’un modèle divin. Dans le système de représentation lié à la pratique yogique, le corps est avant tout corps énergétique, traversé par des courants d’énergie vitale qui se concentrent dans les « chakras » décrits par la tradition indienne (Sri Aurobindo, 2007). Ce corps-esprit, structure énergétique du corps physique, serait le modèle de l’humanité accomplie. Il guide en quelque sorte le corps physique vers sa pleine réalisation dans le corps propre du pratiquant. Dans l’ontologie yogique, le corps est donc lui-même symbole, sym-bolein(possibilité de réunion de ce qui a été séparé – le corps physique et son modèle divin). Le corps propre, qui se constitue comme indicateur pour progresser dans l’imperfection, limite qui appelle son dépassement, est l’instrument essentiel, le vaisseau unique pour relier la vulnérabilité d’un corps physique, lié au modèle originel dont il a été séparé. L’historien des religions Mircea Eliade expose ce lien du corps physique au corps subtil ou énergétique dans sa thèse Yoga, immortalité et liberté (1954). Dans cette perspective, le yoga, comme toute science traditionnelle, connaît une herméneutique définie du corps physique, selon les écritures sacrées. Le corps a été codifié, interprété selon un modèle utilisé dans la pratique. Il s’agit notamment du corps éthérique, le corps des chakras, les sept principaux centres énergétiques du corps, du bas de la colonne vertébrale, jusqu’à la fontanelle. Ces centres commandent à la fois une dimension physique et psychique de l’être (Swami Satyananda, 1969). Ce modèle, qui correspond à ce que l’anthropologue Philippe Descola nomme « l’ontologie analogique ». L’homme est archétypiel (Souzenelle, 2001) : le corps porte la marque (typos) d’un principe (arché), cette marque est définitive, aussi ineffaçable et immuable que le Verbe divin inscrit au cœur de chaque chose. Tel est le processus sym-bolique du yoga (lien, union, en sanskrit). Cette stricte correspondance analogique concorde avec ce que l’historien de la philosophie Michel Foucault, dans Les Mots et les Choses (1966), nomme l’épistémé antique, celle de la ressemblance (convenientia, aemulatio, analogia, sympathia).

Corps-signifiant dans l’ontologie naturaliste

L’herméneutique qu’on pourrait dire « occidentale » du corps et de la signification de ses dysfonctionnements est tout autre. Cette herméneutique est marquée par la pratique de la psychanalyse. L’influence de la psychanalyse, et du mode de signification qu’elle emploie, ne dépend pas du fait que le pratiquant ait effectivement suivi ou non ce type de thérapie. C’est une disposition qui a investi doxa contemporaine. Cette attitude cognitive est marquée par le renoncement à l’idée de nature humaine, au scepticisme quant à la possibilité de désigner un modèle corporel et psychique. Tout est fractionnement et multiplicité en constante invention. Sur une réalité inassignable en tant que telle se superpose le niveau du langage, construction signifiante – ce modèle correspond à l’épistémémoderne (Foucault, 1966). En effet, l’attitude d’un pratiquant moderne de yoga est caractérisée par un certain type de retrait, un manque d’adhérence à une symbolique fixe. Cette attitude est notamment marquée par l’horizon de la psychanalyse, et ses implications cognitives. Selon ce modèle, le corps-symptôme de la psychanalyse n’implique pas le mode vertical du symbole, mais le rapport de signification. L’écart épistémique irréductible du signifié et du signifiant est posé par Saussure, qui marque l’impossibilité du retour à une ontologie de l’analogie, et fonde le mode symbolique. Le symbolique chez Lacan redéfinit fondamentalement la possibilité de faire sens par rapport à l’épistéméantique. Il ne désigne pas un lien mais un rapport à la réalité, la réalité ultime qui est celle du corps, comme réceptacle de significations fluctuantes. Le réel est, selon la formule, impossible. Tout ce qui reste est la capacité permanente de construire des signes. Il y a une capacité de signifiance, un jeu du signifiant, selon les deux axes du déplacement et de la condensation (Dor, 1992). Le sens ne peut être inscrit dans le corps, le lien cosmologique est d’avance rompu, et ce qui subsiste est un libre déplacement des signes, une chaîne de signifiants que le processus analytique tente de mettre à jour pour dénouer. Dans ce cadre de la psychanalyse, il ne s’agit pas de déchiffrer le corps-livre, mais d’entamer l’investigation dans l’histoire personnelle de la chaîne de significations qui crée le corps-symptôme. Le corps parle, pour un moderne, non pas selon un langage codifié mais par des capacités de signifiance propres, toujours mouvantes, à interpréter.

Dissonance cognitive dans l’interprétation des expressions corporelles

Alors que l’apprenti yogi travaille à dénouer les tensions physiques et psychiques qui maintiennent le corps-esprit dans la dualité, la question de la lecture, du déchiffrement des manifestations corporelles, est cruciale. Et le pratiquant se retrouve pris entre deux herméneutiques. Quel rapport le pratiquant doit-il entretenir avec son ressenti corporel – s’agit-il d’une manifestation directe du corps énergétique ? Ou doit-il considérer avec recul qu’il pourrait être un effet psycho-somatique d’un déplacement de signification ? D’un côté le rapport religieux et la foi, et de l’autre l’horizon analytique : deux rapports au corps et à son expression qui semblent s’exclure.

D’une part, l’ontologie religieuse, qui est toujours supposée si l’on entend réaliser le Yoga, le lien sym-bolique entre les deux termes séparés, cosmos et corps qui en porte l’empreinte, est questionnée, suspendue par l’approche significationnelle. Comment un moderne peut-il s’en remettre totalement à l’évidence acquise des archétypes traditionnels ? D’autre part, la foi en ce modèle symbolique est l’élément-clé de la progression dans la pratique – le ressenti s’accroît, s’affine avec une attention totalement impliquée, engagée dans certains centres corporels. La science yogique de la subjectivité réclame une adhérence complète. Dans un premier temps, il nous semble préférable de maintenir cette dichotomie, de la laisser ressurgir comme problème de la pratique moderne du yoga, dont il s’agirait avant tout de saisir les implications. Et peut-être devrions-nous nous contenter de désigner ce point d’achoppement de la pratique du yoga, dans sa rencontre avec la modernité critique. Toutefois une divergence peut amener à découvrir une tierce voie, qui passera notamment par une plus grande attention au ressenti. La voie du hatha-yoga du Cachemire, ce renouveau du yoga traditionnel, tel qu’il a été opéré par des maîtres comme Abhinavagupta, nous semble pouvoir apporter un élément de réflexion à ce problème contemporain. Cette pratique renouvelée du Yoga avance une méthode de compréhension et d’assimilation du ressenti qui se distingue des lectures précédemment évoquées en ce qu’elle n’est pas « interprétation », mais immanence radicale de l’intuition.

La voie cachemirie : non pas comprendre mais vivre le corps dans son expression

Le yoga du Cachemire se maintient en permanence dans le ressenti, sans sortir de l’émotion, sans créer l’interprétation, de dualité. Dans cette approche, il s’agit non pas d’intellectualiser le sens de la manifestation corporelle, l’émotion (en sanskrit rasa) mais de vivre la sensation de façon directe, sans tenter de la comprendre, de lui donner un sens. Voici ce que nous dit le philosophe E. Baret au sujet de cette méthode d’appréhension, d’expression et de lecture du corps et de ses émotions, dans Yoga, corps de vibration, corps de silence : « La pratique cachemirienne est faite pour se rendre disponible à l’émergence de l’émotion. Contrairement au yoga dit classique, qui vise à l’empêcher, la contrôler, la dépasser ou, comme dans la psychologie moderne, à l’accepter, l’intégrer, voire à la rejeter, selon les écoles : il s’agit de la brûler de toute la force de son amour. Le conflit est la porte. L’émotion qui m’habite n’a pas besoin d’être justifiée, prouvée, formulée : elle a besoin d’être sentie ; pour qu’elle puisse se dévoiler, se libérer de sa cause apparente et s’exprimer dans toute sa résonance, le corps doit devenir tout écoute. »

Pour appréhender véritablement la nouveauté de cette approche, il apparaît indispensable de s’engager en première personne dans le vécu d’un tel processus. Car seule la description phénoménologique, selon le principe de l’observation participante (Laplantine, 2001), peut nous permettre de décrire cette réalité. La méthode phénoménologique que nous employons emprunte au concept merleau-pontien d’« entrelacs » (1976), en ce que nous tâchons de rendre compte de l’imbrication de mode de conscience et de cognition dans une incarnation charnelle et sensible. Nous sommes aussi redevables à l’approche de Michel Henry, qui s’attache à décrire les modes de conscience non-duels, ce que la tradition indienne nomme « atman ». Ainsi nous livrons le récit subjectif d’un de ces moments de libre déploiement de l’émotion, expérimenté lors de la pratique du hatha-yoga, et où la question de l’interprétation de l’émotion et de l’expression corporelle est apparue comme cruciale.

Expérience d’expression du corps dans la pratique du Hatha-Yoga

Description de la posture de Yoga

Le cours de yoga touche à sa fin, et l’une des dernières postures proposées, concluant la séance est padmâsana, la posture du lotus. Il s’agit de la posture assise, jambes croisées, où la colonne est étirée, érigée du sacrum s’enracinant dans la terre, jusqu’à la fontanelle qui tend vers le ciel et donne à l’assise sa dynamique verticale. Dans cette posture fondamentale du Yoga, les centres énergétiques situés le long de la colonne vertébrale (chakras) sont tous déployés. La capacité respiratoire est maximale, et le souffle peut retrouver toute son amplitude. Il s’agit de la posture privilégiée de méditation, d’ouverture à tous les centres énergétiques, d’accueil au plus large spectre d’émotion. Le pratiquant se trouve dans la salle de Yoga, s’exerçant aux postures sur un tapis de sol. Le professeur est debout, circule dans la salle, et guide les pratiquants dans les différentes postures qu’il propose. Dans ce cas-ci l’indication du professeur est de simplement maintenir la posture, au rythme du souffle, sans focaliser son esprit sur une pensée particulière.

Expérience du corps dans la posture

Je m’installe ainsi dans la disponibilité de la posture de padmâsana. Apparaît alors une sensation, qui se précise progressivement. Tout d’abord une sorte de réceptivité s’installe dans tout le corps. Le volontarisme rigide nécessaire à la prise de posture s’efface, comme pour pouvoir accueillir un mouvement corporel venant de l’intimité du corps, d’une part qui était restée inconsciente, mais qui profite de ce libre étalement du corps et du souffle pour se faire jour. Le ressenti de détente s’accroît, et se mêle aussi d’appréhension car c’est comme si vacillait la sécurité, l’impression de contrôle sur ma personne ; la tension musculaire, nerveuse qui structure habituellement le sentiment de consistance, d’identité incarnée, s’atténue et chancelle. Naît alors l’impression que le sang se retire des membres pour se concentrer dans la région du cœur. C’est alors comme si mon être, toute ma conscience vitale se concentrait totalement vers le centre de la poitrine – notre attention tout entière absorbée dans cette zone qui mobilise toute la vigilance du corps-esprit, s’accrochant pour ainsi dire avec crainte aux mouvements inattendus du flux vital. Il semble que le cœur appelle le flot sanguin vers lui, dans une sorte de contraction convulsive. Il se met alors à battre, plus fort, de façon tout à fait sensible. Et mon corps tout entier devient ses battements. Mon premier sentiment est celui de la crainte d’un phénomène déroutant, qui engage les fonctions vitales. Mais il y a aussi l’étonnementpresque émerveillé d’une manifestation spontanée qui, sans qu’on puisse lui donner de signification, se présente comme une forme inédite d’expression. À ce moment, où l’être total semble engagé, où les convulsions du cœur semblent à la fois exprimer une urgence vitale – et la nécessité de trouver une amplitude, une respiration, la question de l’interprétation du phénomène, de la sensation cénesthésique devient cruciale.

En effet, par ce mouvement, qui semble être un cri de tout l’être, le corps s’exprime. C’est précisément en ce moment que surgit un élément du Yoga. La possibilité de faire sens, d’établir le lien entre le corps-esprit et ce qui le dépasse apparaît alors que la vie se confronte à sa limite. Mais dans cette situation, que faire ? Comment lire, interpréter, comprendre cette expression du corps ? La première indication, et qui correspond au premier conseil du professeur de Yoga, est commune à toutes les pratiques yogiques : il s’agit de se maintenir dans la posture – de conserver la pose tant que faire se peut. Et ainsi mon attitude à ce moment consiste à me maintenir dans la posture, avec une relative ouverture, confiant malgré la nouveauté de la situation dans l’intérêt de vivre cet état surprenant. Dans cette situation, il me reste toujours à savoir comment exactement assimiler, comprendre, appréhender cette manifestation corporelle. Ma première réaction consiste à penser que ce phénomène consiste dans la manifestation d’une énergie propre au yoga : il s’agirait de la libération d’un centre « énergétique », un chakra. Cette idée correspond à la croyance présente dans l’enseignement livresque du yoga, selon laquelle les sensations et phénomènes touchant la zone du cœur ont un rapport avec ce que la tradition a désigné comme anahâta chakrachakra du cœur. Il s’agirait donc de se référer de façon livresque à la signification traditionnelle de ce chakra pour décoder le sens de cette manifestation corporelle. Mais dans l’instant, cette vision est contrecarrée par un éclair de scepticisme : la pensée que la manifestation du cœur ne pourrait être qu’un symptôme idiosyncratique, somatisation d’une névrose dont le sens serait à déchiffrer en fonction de la signification que j’attribue à la situation présente. Je reviens alors à l’idée que ce phénomène n’est qu’une forme de projection, somatisation. Tel est le dilemme épistémique dans lequel je me trouve, avec pour tâche de les concilier, de me jouer de leurs incompatibilités – retrouvant peut-être l’unité d’un sens.

Suite à cette séance de yoga, je demande au professeur quelques indications pour m’orienter dans ce ressenti. Ce dernier ne me propose pas d’interprétation mais m’invite seulement à m’installer dans le ressenti même de la posture, sans préjuger d’un sens quelconque, ni anticiper de solution. Il recommande que la réintégration de cette nouvelle sensation, sa symbolisation pour ainsi dire, ne se fasse pas par l’intermédiaire d’un sens que je pourrais éventuellement lui prêter. L’approche consiste presque en une méthode, un nouveau mode d’appréhension, qui ne cherche pas à figer de signification, mais à entrer dans la durée de chaque sensation, ce que je tente désormais de réaliser. Une situation similaire se manifeste à la séance suivante. Je me contente de suivre toutes ses inflexions, d’être simplement présent, même au déplaisir. La gêne apparaît d’abord de façon accrue, et la localisation de la sensation se précise. Je me rends disponible mentalement à cette gêne, m’y plonge comme s’il s’agissait d’un état de détente. Je commence à considérer que cet état pourrait aussi représenter une plénitude. Il se crée un sentiment d’équanimité, d’égalité, en perspective de ces émotions perçues comme néfastes, qui me permet de les vivre sans en être accablé. J’accepte de les vivre de façon plus intense, comme si même ce moment douloureux avait une valeur en lui-même. De ce fait je remarque que les transformations de l’état s’accélèrent. La crainte devient une douleur précise, qui se rigidifie en simple tension, puis la tension se débloque, à la faveur d’un mouvement qui libère la poitrine. La nouvelle sensation au niveau du cœur est celle d’une amplitude, d’une nouvelle circulation, qui amène un flot de nouvelles images mentales, liés à la libération d’un sentiment d’oppression. Le cœur peu à peu retrouve un battement apaisé, mais le véritable acquis de cette séance est la liberté, la latitude consistant à pouvoir vivre pleinement un état, quel qu’il soit, et se laisser emporter par son intensité jusqu’à sa résorption. J’apprendrai plus tard qu’un terme qui pourrait correspondre à ce sentiment d’espace retrouvé au sein de la contraction, d’expansion créatrice est en sanskrit « spanda » – le déploiement créatif de l’émotion, décrit par la tradition du yoga du Cachemire.

Question de l’interprétation du ressenti

La tentative de compréhension de la manifestation corporelle est prise entre deux lectures du corps-symbole : la lecture analogique – c’est l’idée glanée au cours de lectures dans l’univers du yoga, selon laquelle toutes les manifestations physiques correspondraient à l’expression d’un chakra. La première inclinaison d’un pratiquant est de suivre l’interprétation de cette orthodoxie yogique pour immédiatement répondre au besoin de donner du sens aux phénomènes corporels inédits. D’un autre côté se trouve la lecture du corps comme objet investi de significations, qui ne sont que projections fluctuantes. C’est ce qui correspond dans le récit à la première personne au second mouvement réflexif, lorsque la manifestation du corps est envisagée comme une « somatisation » – la cristallisation sur un élément corporel aléatoire (en l’occurrence le cœur) d’une signification symbolique.

Ces deux lectures s’opposent, et leur rôle originel, qui est de fournir une base d’exploration permettant de faire ressurgir l’émotion, est contrarié par l’impossibilité de concilier les deux. Cependant cette alternative impossible peut être en partie mise de côté par le retour à la sensation même – c’est l’indication que donne le professeur de yoga. En acceptant de vivre le corps et ses émotions, plutôt qu’en lui conférant d’emblée un sens précis, apparaît une expression du corps qui ne passe pas par un aspect intelligible, mais par le vécu de sa durée propre. Il semble que cette approche ait plus de succès pour libérer la tension corporelle. Dans la tradition du Cachemire, on donne au corps une autre forme d’attention, bien distincte de la volonté initiale de comprendre : selon ce type particulier de yoga, il ne s’agit pas donner un sens conventionnel à une manifestation corporelle pour apaiser un questionnement mental, mais plutôt de se rendre présent au corps, pour que par sa durée propre, le corps puisse se contracter puis s’étendre, s’exprimer – déployer un sens que l’intelligence ne peut connaître d’avance. La question de l’interprétation est renversée : l’approche cachemirie met de côté la possibilité de déchiffrement formel des manifestations corporelles, pour se mettre à l’écoute du corps lui-même. Et c’est ainsi par le mouvement, par la détente, la libération de la tension que le sens précis d’une manifestation corporelle peut apparaître a posteriori. Une telle approche se situe en dehors de la nécessité de donner du sens, mais elle est pourtant un détour intéressant pour que le corps-esprit se déploie dans sa durée propre.

Conclusion : le vécu comme voie privilégiée d’expression du corps

Notre intention n’est pas de résoudre l’opposition anthropologique entre les deux ontologies, qui traverse la pratique du yoga. La contradiction en elle-même est riche et créative. Elle reste en suspens comme inévitable problématique des pratiques traditionnelles dans le contexte moderne. Cependant le rappel du yoga du Cachemire, son invitation à retrouver la pure sensation corporelle nous semble constituer une méthode précieuse pour le pratiquant, ainsi que l’anthropologue du corps. L’intérêt de cette plongée dans le vécu, réside en ce qu’elle se situe en dehors de toute discrimination – il s’agit d’une phénoménologie radicale, qui nous rappelle que la capacité de concilier les deux ontologies, de réinventer un yoga à l’époque critique et créative de la dissonance, passe par l’expression directe de l’être-corps.


Bibliographie

  • Baret E. 2005, Yoga : corps de vibration, corps de conscience, Paris, Almora.
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  • Patanjali 1991, Yoga Sutras, Paris, Albin Michel.
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  • Varela F. 1999, L’Inscription corporelle de l’esprit, Paris, Seuil.

SOURCE : Ferrero Gautier, « Symboliques du corps dans la pratique contemporaine du hatha-yoga », Corps, 2013/1 (N° 11), p. 161-170. DOI : 10.3917/corp1.011.0161. URL : https://www.cairn.info/revue-corps-2013-1-page-161.htm

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Le yoga « révélateur d’authenticité »

Ce qu’il y a de bien avec le yoga, c’est qu’à tous les coups l’on gagne. Oui, on est certain qu’à chaque séance, on se rassemble un peu plus, que petit à petit, on s’approche d’un alignement corps/esprit, que l’on se concentre sur son souffle et sa respiration, mais aussi sur ce que notre corps est prêt à faire aujourd’hui (et non hier ou demain). Tout se joue là, sur le tapis de yoga, cette magnifique « surface de réparation ». Peut-être que la semaine dernière, j’arriverai à toucher mes genoux avec la tête, peut-être qu’il y a un mois, j’avais réussi à tenir en équilibre sur un pied pendant deux minutes sauf qu’aujourd’hui, ici et maintenant, il en est tout autrement. Oui, le yoga, c’est véritablement la pratique qui valide l’adage « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve ».yoganice yoga nice A chaque début de cours, c’est le même cérémonial : la prof nous demande si nous avons des douleurs particulières, des blessures à signaler… Et là, la séance se transforme en véritable « cour des miracles ». Chacun confie ses « ligaments croisés sur une piste rouge verglacée dans les Alpes », cette « cheville qui dévisse depuis ces dix années de danse classique », cette « lombaire qui ne veut décidément pas reprendre le chemin rectiligne de notre colonne vertébrale »… Bref, chacun, avec humilité, ose montrer sa vulnérabilité, et se présenter tel qu’il est avec le corps qu’il a !Et je ne vous mène pas en bateau ! Je vous mène plutôt vers la posture du bateau (qui est une posture de yoga, qui fait bien travailler les abdos, j’invite d’ailleurs les plus curieux d’entre vous à faire une recherche sur internet) pour voir à quel point le yoga, c’est engageant ! Oui, ça demande de l’engagement, des muscles (certains inavouables ou encore inconnus au bataillon), mais aussi de l’engagement moral. Le corps et l’esprit.On a vraiment le sentiment que le yoga fait tomber les masques…Le yoga, c’est un « révélateur d’authenticité ». Et si à chaque début de cours, nous sommes invités à déposer nos blessures, la fin de chaque séance, elle, se transforme en invitation à « rendre les armes », à s’offrir tel quel au monde, allongé sur le sol, pour recevoir les bénéfices de notre pratique, le temps du savasana, la posture dite « du cadavre », celle de repos, qui clôture la succession de postures. C’est d’ailleurs ce que la prof nous a invité à faire. A « déposer nos armures » et je vous jure que dans le décor de cette salle de yoga, avec des mandalas au mur et des gongs suspendus, j’ai véritablement entendu tomber symboliquement des dizaines d’armures métalliques, qui ont pris la forme sonore de bâillements, et de relâchement corporel, personnel puis collectif !Une fois cette cuirasse au sol, la prof nous a invité à prendre soin de ce corps. Ça commence par là, parce que je peux me donner à moi-même. C’est d’ailleurs en prenant soin de moi, que je montre aux autres, et à la vie en général, comment je demande à être traitée, à être honorée. La prof nous a donc invité à nous frotter les mains, pour créer comme une petite bouillotte naturelle et se les passer ensuite sur les yeux, sur les mâchoires, sur la tête, s’offrir comme une petite douche de chaleur, d’abord, pour nous.

Et enfin, comme pour clôturer cette déclaration d’amour à nous-même, à notre corps, elle nous a proposé de nous prendre dans les bras. Mais attention, pas de nous lancer dans une session de « câlins gratuits », de free hugs. Mais simplement de se prendre dans les bras, tout seul, avec soi-même en croisant les bras, et en s’attrapant les épaules. Une posture qui au-delà de ses vertus relaxantes, délassantes, nous ramène justement à comprendre, à intégrer, que c’est en se donnant d’abord de l’amour et de l’attention, que j’arrive par la suite, à en donner ainsi qu’à en recevoir.

Anne CAZAUBON Anne Cazaubon – Europe 1 – Emission Antidote

La salutation à la lune

mars4

Une pratique douce et apaisante.

L’association SOS Cancer du Sein organise, le samedi 27 mai 2017 à 9h30 dans le Jardin Albert 1er de la Promenade du Paillon à Nice, une séance de yoga géante.

mai18
 L’association SOS Cancer du Sein organise, le samedi 27 mai 2017 à 9h30 dans le Jardin Albert 1er de la Promenade du Paillon à Nice, une séance de yoga géante.
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SOS CANCER DU SEIN NICE – Que vous soyez seuls, en couple, en famille ou entre amis, pratiquants ou néophytes, vous êtes conviés à partager un moment d’énergie positive, de bien-être et de lâcher prise, dans la bonne humeur. La seule consigne : être vêtu de Rose !
Le cours est dispensé par plusieurs professeurs de yoga professionnels.
La séance débutera à 10H00 et durera environ 1h30. Elle sera suivie d’un en-cas « bien-être» offert.
Le rendez-vous est donné sur place à partir de 09h30 près de la Fontaine des Tritons et du Carousel dans les jardins Albert 1er de la Promenade du Paillon.
Les participants doivent se munir d’un tapis de yoga et/ou une serviette et d’un tee-shirt rose.
Un tee-shirt rose sera offert sur présentation du billet aux 200 premiers arrivants.
A travers le Yoga Rose Géant, SOS Cancer du Sein souligne l’importance de pratiquer une activité physique régulière pendant et après la maladie.
Par cette initiative, l’association SOS Cancer du Sein  souhaite sensibiliser le plus grand nombre :
– à l’importance du yoga pour le bien-être physique et moral;
– à la prévention des cancers du sein et du col de l’utérus;
– à la nécessité de passer une mammographie tous les 2 ans pour se faire dépister.
Cet événement a lieu dans le cadre de la journée de la prévention organisée par la Ville de Nice et ses partenaires.
Inscription sur le site http://www.soscancerdusein.org
Le don participatif de 5 euros est destiné à soutenir les activités de SOS Cancer du Sein en faveur des femmes atteintes de cancers gynécologiques et de cancer du sein.
L’association SOS CANCER DU SEIN a été créée pour venir en aide aux personnes atteintes par le cancer du sein. Le soutien de l’association est destiné aussi bien aux malades qu’à leur entourage. Il se traduit par des missions d’écoute et de réconfort avec une ligne d’écoute téléphonique nationale 0811 69 04 34; de nombreuses activités de bien être physique et psychique, d’information avec le site internet www.soscancerdusein.org et la page www.facebook.com/SOS.Cancer.Sein; de sensibilisation et de prévention par de nombreuses actions.
SOS Cancer du Sein

Comment le yoga peut aider à « muscler » son mental

mai13

Aujourd’hui adoubée par la science occidentale qui lui reconnaît de multilples vertus, le yoga est bien plus qu’une simple gymnastique : la discipline agit dans la tête.

Il est sans doute en train d’arriver au yoga ce qui s’est passé pour la méditation. Pratiques ancestrales sœurs, issues de la même région du monde, elles sont aujourd’hui adoubées par la science occidentale, qui confirme toutes les vertus qu’on leur attribue depuis plus de 5000  ans. Aux États-Unis notamment, où le yoga est très populaire, les recherches se multiplient. Parmi les plus récentes, il a été montré que deux séances de yoga par semaine diminuent la fatigue et améliorent les fonctions sexuelles et urinaires des malades du cancer de la prostate sous radiothérapie.

Mais point besoin de souffrir d’une pathologie pour profiter des bienfaits de cette pratique physique qui allonge les muscles, modèle le corps et dé-stresse. Tous les pratiquants réguliers le savent: le yoga – on l’oublierait presque avec la mode actuelle des power et ashtanga yogas qui invitent à des enchaînements rapides de postures – n’est pas seulement une méthode pour transformer ses muscles ou son poids. Pratiquée régulièrement, elle a des effets sur la personnalité et la vie quotidienne.

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«Ce n’est qu’au bout d’une année de cours particuliers que j’ai perçu des changements en moi , témoigne Pascale Leroy, auteur du manuel d’initiation Yoga en 21 jours (Leduc.s Éditions). Je suis allée voir mon prof et lui ai dit: “Je ne comprends pas ce qui se passe, je ne réagis plus du tout comme avant!” Il m’a regardée et m’a dit: “C’est normal, avec la pratique, nous avons “usé” ce qui est en trop.”» Pour celle qui, depuis, est devenue enseignante de yoga, tel est l’apport majeur de la discipline: «Nous alléger, nous “désencombrer” des pensées fausses, des idées toutes faites et des comportements erronés. Le yoga épure. Il le fait à travers un travail corporel permettant de sortir de réflexes conditionnés et le changement se fait alors même qu’on ne le pensait pas possible…»

Pour le pratiquant, un plus grand contact avec qui il est en découle. Emmanuel de Catuélan, professeur à Paris, rappelle d’ailleurs que, dans la tradition hindoue, tout comme la danse ou l’étude des textes, le yoga est une voie de connaissance de soi. «Ce qui importe est le ressenti de lui-même que chacun éprouve en prenant une posture», précise-t-il. «La proprioception, notamment, sorte de sixième sens qui permet de recevoir les informations internes du corps, se développe avec la pratique régulière. Peu à peu, l’élève devient de plus en plus observateur et plus à l’écoute, de l’extérieur aussi.» Pour ce professeur, il s’agit d’apprendre à «regarder autour, ouvrir son regard», et alors des sensations nouvelles peuvent se manifester… dans le corps mais aussi dans la vie. «L’intériorisation permet paradoxalement d’être plus naturel et spontané face aux événements incontrôlables.»

C’est là l’un des deuxièmes grands bénéfices de la pratique: elle permettrait de développer une certaine souplesse psychique. «Plus on se connaît, plus on accepte de s’abandonner à la posture et d’aller toucher certaines de nos limites», observe Pascale Leroy.

Croire que la pratique du yoga rendrait le caractère plus «mou» est une erreur. En réalité, si cette discipline amène souplesse physique et mentale, c’est toujours en invitant aussi à «tenir ferme sur son socle». «La régularité des séances, la persévérance vous mettent en contact avec votre axe, mais aussi vos appuis, explique Pascale Leroy. La couleur de votre humeur, ce qui est, là où vous en êtes à ce moment-là, c’est cela le point de départ à partir duquel une évolution devient possible.»

Ni totalement relâché ni trop tendu, l’élève apprend peu à peu dans la vie à «chercher le point de confort», affirment les habitués du yoga. Alors cette sensation d’assise confortable en l’instant peut aussi se diffuser dans l’existence. «Dans la pratique, comme dans la vie, il y a des hauts et des bas», rappelle Philippe Filliot, professeur de yoga à Reims et auteur du Yoga comme art de soi(Éditions Actes Sud). «En revanche, quelle qu’elle soit, la pratique élève, même quand on tombe. Qu’il vente ou qu’il pleuve, le fond du ciel reste là (…), les hauts et les bas n’ont dès lors plus aucune importance. Le yoga nous donne une boussole intérieure qui permet de ne pas se laisser emporter par eux et de les relativiser, les atténuer, les dépasser sans pour autant les nier, et donc de les traverser.» La confiance en soi, elle aussi, s’en trouve donc particulièrement grandie.

Source : Pascale Senk / Figaro Santé

Cours de yoga : comment se déroule une séance ?

janvier3

Un cours de yoga dépend du type de yoga choisi mais également du professeur. De manière générale, chaque séance se compose de trois parties : les exercices de respiration, les postures, et la détente finale. Explications.

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Les exercices de respiration incontournables au début d’un cours de yoga

Dans un cours de yoga, la première étape concerne les exercices de respiration. Il s’agit du pranayama. Vous réaliserez très rapidement le lien très étroit qui existe entre le rythme respiratoire et le mental. Chaque pensée, positive ou négative, entraîne une modification du rythme. Dans la pratique du yoga, il est essentiel d’être toujours attentive à sa respiration. Cela permet de lâcher prise, de vivre l’instant présent et de lutter contre le stress . Pour y parvenir, il est indispensable de laisser la journée derrière soi. Vous allez donc pratiquer la relaxation en position couchée pour atteindre un niveau de calme intérieur, et ainsi favoriser l’apaisement du rythme cardiaque et de la respiration.

Place aux différentes postures !

Après le temps consacré aux exercices de respiration, vous passez à l’échauffement afin de réaliser différentes postures qui correspondent à la phase la plus longue du cours de yoga. Elles sont exécutées dans un certain ordre qui entraîne un recentrage et une harmonisation. Il est nécessaire de prendre un moment de décontraction entre chaque posture. Les asanas (les postures) permettent d’atteindre et de travailler toutes les parties du corps. Il faut toujours veiller à ne pas aller au-delà de ses limites pour ne pas se faire mal. L’avantage est que le professeur s’adapte au niveau de chacun. Il faut également savoir que certaines écoles proposent des groupes de niveaux. Les positions ont pour objectif un développement du corps, du mental et de la spiritualité. Certaines postures agissent aussi sur les glandes endocrines, et ont un effet régulateur. Dans le Hatha Yoga, la forme la plus populaire et la plus enseignée en Occident, la position la plus connue est celle du lotus. Dans tous les cas, il est essentiel de prendre votre temps pour bien effectuer les mouvements. Des positions mal faites peuvent vous blesser, et ne nous procureront aucun bienfait propre au yoga. Il est nécessaire d’être persévérant.

La détente finale d’un cours de yoga

Un cours de yoga s’achève systématiquement sur une détente de 10 à 15 minutes. La posture faite régulièrement est celle dite du cadavre. Ce nom vient du fait que la personne tente un relâchement total de chaque muscle, comme dans la mort. Il est important de conserver une immobilité absolue. Faire le moindre mouvement contracte à nouveau certains muscles et retarde la relaxation intégrale. Parvenir à un état de détente absolue n’est pas évident dans les premiers temps. Les débutants dans le yoga peineront à se sentir dans cet état, mais avec de l’entraînement, il faut savoir que la détente se produit de plus en plus facilement et rapidement. Mieux, elle gagne en profondeur. Lorsque l’exercice est terminé, il faut reprendre contact avec le monde extérieur. Vous devez vous remettre à bouger très progressivement.

Source : Flavie Duet – Biba

Le yoga, interview de Sylvie Dalouche, présidente de la Fédération française de Yoga.

octobre23

Réduction du stress, prévention des accidents cardiovasculaire, renforcement du corps et de la souplesse ou même amélioration de l’estime de soi… Les bienfaits du Yoga peuvent être légion. Et les participants au quatrième festival du Yoga de Paris, qui se tient du 21 au 24 octobre, ne manqueront pas de le rappeler.

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Pourtant, toutes les formes de yoga ne sont pas recommandées pour tout le monde. Un yoga trop tonique ne convient pas forcément à un corps trop fragile. Un yoga trop mystique peut s’avérer néfaste à un esprit mal préparé. Hatha yoga, Ashtanga yoga, Vinyasha yoga, power Yoga, Kundalini yoga… Comment faire le tri entre tous les styles ? Comment choisir le yoga qui vous convient ? On a posé la question à Sylvie Dalouche, présidente de la Fédération française de Yoga.

Y a-t-il des pratiques dangereuses du yoga ?

Sylvie Dalouche : « Aujourd’hui, il y a une effervescence autour du yoga. On en met à toutes les sauces et on en fait une panacée. Or, rien n’est une panacée pour tout le monde. Le yoga peut être bon pour tout le monde mais il doit être adapté. J’ai déjà entendu des professeurs dire : ‘le yoga va vous apporter le bonheur’. C’est un peu inquiétant d’entendre ça, cela peut être la porte ouverte à la manipulation. Quelqu’un qui a une lombalgie chronique, on ne va pas lui faire faire de yoga intensif. J’ai déjà entendu un cas de professeur qui faisait faire des postures sur la tête. Un jour, une élève qui avait de l’arthrose lui a fait part de ses doutes. Il l’a obligé. Cela peut être très dangereux et ce type de professeurs, il vaut mieux les éviter ! »

Et pour le mental ?

Sylvie Dalouche : « On ne peut pas faire l’économie d’un petit récapitulatif de ce qu’est le yoga. Le yoga est une discipline ancestrale. En Inde, elle existe depuis 4 ou 5.000 ans. A la base, ce n’est même pas une discipline de postures. C’est une discipline de vie, de développement personnel, visant à arrêter les fluctuations du mental. Le but est de diminuer la souffrance humaine. Et il y a différentes techniques pour y arriver. En France, il y a des techniques posturales ou méditatives. Certaines techniques méditatives travaillent sur le psychique, elles libèrent des énergies puissantes. Et cela peut avoir un réel effet sur le psychisme. Il vaut donc mieux éviter de faire n’importe quoi avec ça. Il faut s’assurer d’avoir un bon prof. »

Comment faire le tri entre tous les professeurs justement ?

Sylvie Dalouche : « D’abord, il faut s’assurer que le professeur a suivi une formation. C’est mieux s’il a pris la peine de suivre un cursus de professeurs et s’il ne s’est pas contenté de faire des stages. En clair, c’est mieux s’il a appris à transmettre en plus d’avoir appris le yoga. C’est également un plus s’il continue de se former et d’apprendre sans cesse des nouvelles techniques. Pour se repérer entre les formations, il existe quelques critères fournis par l’Union européenne du yoga. Celle-ci recommande par exemple une formation de 500 heures, étalée sur quatre ans. Des organisations comme la FNEY, l’IFY ou la Fidhy propose des formations qui respectent les critères de l’Union européenne du yoga. Cela ne veut pas dire que les autres sont nulles. Mais on sait au moins que les professeurs qui respectent ces critères ont pris le temps d’effectuer un certain travail personnel avant de transmettre.

Ensuite, il serait dommage d’avoir un professeur qui n’a pas étudié les textes. Vous pouvez questionner votre professeur, regarder son site internet pour vous faire une idée de ses références textuelles. Le yoga est aussi une philosophie de vie. Sinon, c’est de la gym. Enfin, observez le comportement du professeur pendant les cours. Est-ce qu’il vient vous voir ? Est-ce qu’il vous écoute, s’adapte à vos besoins et éventuellement à vos problèmes de santé, vos douleurs ? Ou se contente-t-il de monter sur une estrade et de balancer ses conseils sans aucun suivi, comme un gourou ? Le professeur doit connaître l’anatomie du corps humain et s’adapter à vous. »

Au-delà du professeur, comment savoir quel type de yoga est adapté à nos attentes, à notre corps, à notre âge..?

Sylvie Dalouche : « Il faut essayer plusieurs cours et ne pas hésiter à les comparer. Certains préféreront pratiquer un yoga plutôt doux. D’autres préférerons un yoga plus physique. Si le professeur est sérieux, honnête, qu’il n’hésite pas à vous dire si les postures ne sont pas adaptées pour vous, il n’y a pas de problème. Certains Yogi indiens font carrément de l’acrobatie. Le tout est de faire attention à ses limites. Personne ne pourra imiter les Yogis indiens qui pratiquaient il y a 2 ou 300 ans. Nous n’avons pas la même capacité physique que les Indiens. Ça, il faut bien l’avoir en tête. »

Source : Europe 1

Yoga en Plein Air à Nice avec l’association Yoganice.

juin25

L’association Yoganice prend ses quartiers d’été avec la 4ème édition du YPA : Yoga en Plein Air. Cours de hatha-yoga dans le Parc de la Colline du Château, du 2 juillet au 17 août, tous les mercredis, samedis et dimanches à 9h15. Participation : 5€. Animation : Isabelle Bourjac, professeur de la Fédération Française de Hatha-Yoga. Infos et réservations sur www.yoganice.fr

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Cours en plein air parc de la colline du château à Nice

juillet6

Encore plus de cours en plein air, à Nice, parc de la colline du château à Nice : tous les mercredis, samedis et dimanches. Animation : Isabelle Bourjac, professeur de la Fédération Française de Hatha-Yoga. Informations et réservations sur www.yoganice.fr

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