
« La vie sociale repose sur trop de comparaisons qui fatiguent les individus, car elles les obligent sans cesse à se situer au regard de critères extérieurs, collectifs, ne leur convenant pas toujours. Les jugements de valeur sur l’esthétiqu…e, l’énergie, la résistance, créent une tension continuelle pour « être à la hauteur », « assumer », « prendre en charge », toutes expressions ambiguës mais symboliques du culte de la supériorité. […] Le yoga ne demande pas à ceux qui le pratiquent de se marginaliser, mais de trouver leur propre forme en sortant du cocon de la mentalité collective. […] L’émancipation de la personne commence par une sensibilisation accrue à ce qui fait d’elle un être unique entouré d’autres êtres uniques, qu’elle peur rencontrer, non point sur le mode régressif de la comparaison, mais sur celui de l’effort poursuivi en commun – par exemple dans le cours de yoga – pour intégrer, chacun selon son âme, un fonds d’exercices universels. Seul sur son tapis, les yeux souvent fermés, on n’a pas à se poser la question de savoir comment font les autres et s’ils sont plus ou moins avancés dans telle posture. » Ysé Tardan-Masquelier (longtemps présidente de la Fédération française de enseignants de yoga, professeur d’anthropologie religieuse à l’université de Paris Sorbonne), « LE YOGA » éditions Plon.