Le Yoga d’Isabelle

Yoga et Méditation

Insultes

décembre2

Le Bouddha enseignait partout où il passait. Or, un jour qu’il parlait sur une place de village, un homme vint l’écouter parmi la foule. L’auditeur se mit bientôt à bouillir d’envie et de rage. La sainteté du Bouddha l’exaspérait. N’y pouvant plus tenir, il hurla des insultes. Le Bouddha demeura impassible. L’homme fulminant quitta la place. Comme il avançait le long des rizières à larges enjambées, sa colère s’apaisait. En lui monta la conscience que sa colère était née de la jalousie et qu’il avait insulté un sage. Il se sentit si mal à l’aise qu’il rebroussa chemin, décidé à présenter des excuses au Bouddha.yoganice yoga niceLorsqu’il arriva sur le place où l’enseignement continuait, la foule incrédule se poussa pour laisser passer l’homme qui avait insulté le Maître. Arrivé près du Bouddha, il se prosterna, le suppliant de lui pardonner la violence de ses propos et l’indécence de sa pensée. Le Bouddha, plein de compassion, vint le relever. « – Je n’ai rien à vous pardonner, je n’ai reçu ni violence, ni indécence. – J’ai pourtant proféré des injures et des grossièretés graves. – Que faites-vous si quelqu’un vous tend un objet dont vous n’avez pas l’usage ou que vous ne souhaitez pas saisir ? – Je ne tends pas la main, je ne le prends pas, bien-sûr. – Que fait le donateur ? – Ma foi, que peut-il faire ? Il garde son objet. – C’est sans doute pourquoi vous semblez souffrir des injures et des grossièretés que vous avez proférées. Quant à moi, rassurez-vous, je n’ai pas été accablé. Cette violence que vous donniez, il n’y avait personne pour la prendre. » D’après « Contes des sages de L’Inde » de Martine Quentric-Séguy aux éditions Seuil.

Secret

août8

« Où cacher l’Ultime Secret pour que les hommes ne puissent jamais le découvrir ? Chaque dieu donna son avis :

– Au fond d’un puits, à côté du Temple d’or, dit Shiva.

– Dans du beurre, dit Krishna.

– Dans ma statue, dit Lord Jagannath.

– Dans la lune, dit Ganesh.

Le débat fut passionné, chaque proposition fut rejetée : l’homme était trop curieux et finirait par trouver. Ce fut Vishnou qui imagina le seul lieu où jamais vous ne songeriez à vous aventurer. Tous les Dieux s’inclinèrent devant cette idée évidente et géniale. Les Dieux dissimulèrent l’Ultime Secret, celui qui dévoile votre véritable nature, tout au fond de vous ».

D’après « Dieux et Déesses de l’Inde » Stéphane Guillerme aux Editions Almora.

Le Zen est un chemin qui va…

août7
« Le voyage (conte d’origine tibétaine)
Deux moines sont en voyage. Depuis trois jours, ils n’ont rencontré qu’une vieille femme sur le seuil de sa cabane. Elle leur a offert un peu d’orge grillée, liée avec du thé et du beurre rance. Cette maigre tsampa – plat traditionnel tibétain – qui date de la veille est déjà descendue dans leurs talons. Ils ont faim, ils ont froid. Soudain, la pluie se met à tomber. Le plus jeune des moines se protège de son mieux avec un pan de sa robe. Le plus âgé marche devant en silence. La nuit descend, à l’horizon nul abri, ni temple, ni ermitage, pas la plus modeste cabane. Le sentier qu’ils suivent se perd au loin dans la montagne. Le jeune novice n’en pleut plus. Il ignore le but de cet interminable voyage. « Le temple zen ne doit pas être éloigné, se dit-il, il me semble que nous approchons de Kamakura, mais est-ce bien notre destination ? » Rompant les consignes strictes de silence, il ose interroger son supérieur, qui marche d’un pas égal : « Maître, où allons-nous ? – Nous y sommes, répond le maître. – Vous voulez dire que l’étape est proche ? insiste le jeune moine. – Ici, maintenant. Nous y sommes. »
Le novice effaré regarde le sentier pierreux, qui s’enfonce dans la brume. Au loin, les cimes redoutables se perdent déjà dans la nuit. Il a peur, il a froid, il a faim. Et brusquement, en un éclair, il comprend. Il se souvient des paroles que l’on a souvent répétées au monastère : « Le Zen est un chemin qui va… ». Dans chaque pas sur ce chemin, l’éternité est enclose. Dans le présent se nichent la vie, l’oasis, l’infini. Je goûte le présent, le passé s’est enfui, le futur est un rêve, le présent seul est. « Quand vous vous éveillez à la vérité, dit un ancien poème, votre esprit devient brillant et lumineux, comme un rayon de lune. » Le novice se murmurant ces choses allait en paix. »
Extrait de « Les plus beaux contes zen » Henri Brunel – Éditions Point
Photo : "Le voyage (conte d'origine tibétaine)<br /><br />
Deux moines sont en voyage. Depuis trois jours, ils n'ont rencontré qu'une vieille femme sur le seuil de sa cabane. Elle leur a offert un peu d'orge grillée, liée avec du thé et du beurre rance. Cette maigre tsampa - plat traditionnel tibétain - qui date de la veille est déjà descendue dans leurs talons. Ils ont faim, ils ont froid. Soudain, la pluie se met à tomber. Le plus jeune des moines se protège de son mieux avec un pan de sa robe. Le plus âgé marche devant en silence. La nuit descend, à l'horizon nul abri, ni temple, ni ermitage, pas la plus modeste cabane. Le sentier qu'ils suivent se perd au loin dans la montagne. Le jeune novice n'en pleut plus. Il ignore le but de cet interminable voyage. "Le temple zen ne doit pas être éloigné, se dit-il, il me semble que nous approchons de Kamakura, mais est-ce bien notre destination ?" Rompant les consignes strictes de silence, il ose interroger son supérieur, qui marche d'un pas égal :<br /><br />
"Maître, où allons-nous ?<br /><br />
- Nous y sommes, répond le maître.<br /><br />
- Vous voulez dire que l'étape est proche ? insiste le jeune moine.<br /><br />
- Ici, maintenant. Nous y sommes."<br /><br />
Le novice effaré regarde le sentier pierreux, qui s'enfonce dans la brume. Au loin, les cimes redoutables se perdent déjà dans la nuit. Il a peur, il a froid, il a faim. Et brusquement, en un éclair, il comprend. Il se souvient des paroles que l'on a souvent répétées au monastère : "Le Zen est un chemin qui va...". Dans chaque pas sur ce chemin, l'éternité est enclose. Dans le présent se nichent la vie, l'oasis, l'infini. Je goûte le présent, le passé s'est enfui, le futur est un rêve, le présent seul est. "Quand vous vous éveillez à la vérité, dit un ancien poème, votre esprit devient brillant et lumineux, comme un rayon de lune."<br /><br />
Le novice se murmurant ces choses allait en paix."<br /><br />
Extrait de "Les plus beaux contes zen" Henri Brunel - -Éditions Point

Origine du yoga : la légende

novembre18

La légende dit que le Dieu Shiva enseignait à son épouse la déesse Parvati, la science du hatha yoga, non loin des berges de l’océan Indien.

Un poisson, charmé par la voix mélodieuse du dieu Shiva, les observa, et ce faisant fut changé en homme. Il prit le nom de Matsyendra, « le poisson fait homme ».

C’est ainsi que Matsyendra devint le premier yogi, et initia la longue chaîne de transmission orale du Hatha Yoga, de maître à disciple.

L’essence de la sagesse : vivre l’instant

août28

A la mort de son père, le jeune roi doit monter sur le trône, inquiet d’être aussi peu formé pour la charge qui lui incombe. Il demande à tous les hommes savants du royaume (érudits, moines et sages avérés) de partir dans le monde et de rapporter toute la science connue afin d’en retirer la connaissance, voire la sagesse. Ils partirent et revinrent 16 ans plus tard, chargés de rouleaux, de livres, de sceaux et de symboles. Le roi comprit qu’une seule vie ne pourrait suffire à tout lire. Il demanda donc aux lettrés de lire à sa place, d’en tirer la moelle essentielle et de rédiger pour chaque science un ouvrage compréhensible. Huit années passèrent avant que les lettrés puissent remettre au roi une bibliothèque constituée des seuls résumés de toute la science humaine. Le roi comprit qu’il n’aurait pas le temps en cette vie de lire et d’assimiler tout cela. Et il demanda donc aux lettrés de ne produire qu’un seul article par science, allant à l’essentiel. Huit années passèrent encore. Enfin un livre en plusieurs volumes fut remis au roi, qui était à présent vieux, alité et malade. Il pria chacun de résumer rapidement son article en une phrase. Huit années furent encore nécessaires car résumer une science en peu de mots n’est pas une chose aisée. Au vieux conseiller qui lui apportait enfin l’ultime ouvrage, le roi mourant murmura :
– Dites-moi une seule phrase qui résume tout ce savoir, toute cette sagesse. Une seule phrase avant ma mort !
– Sire, dit le conseiller, toute la sagesse du monde tient en deux mots : « Vivre l’instant. »

D’après « Contes des sages de l’Inde » – Éditions Seuil