Le Yoga d’Isabelle

Yoga et Méditation

Au secours, le yoga est à la mode !

septembre15

Yoga-bière, yoga chèvre… On ne compte plus les déclinaisons toujours plus farfelues de la discipline millénaire.

Si tu ne t’es pas inscrit au yoga fin août, t’as raté ta vie. Des années après les premiers apôtres californiens, ­l’engouement que suscite cette pratique semble ne jamais vouloir se tarir. Cours d’essai, séances gratuites, parfois dans des lieux insolites… Le yoga compte quelque 2 millions d’adeptes en France, 36 millions aux Etats-Unis, et en attire toujours plus. Les photos et vidéos d’apprentis yogis sur fond de coucher de ­soleil tapissent (qui a dit « polluent » ?) chaque été les ­réseaux sociaux, affichant des positions dignes des plus grands ­contorsionnistes. Dans son édition du 11 août, Elle décrit « le boom de l’ego trip », le raz-de-marée des séjours yoga-déconnexion.

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Depuis deux ans, il existe même une Journée mondiale du yoga, le 21 juin. Décrété par les Nations unies à l’initiative du premier ministre indien, Narendra Modi, le rendez-vous a connu un succès immédiat. Sauf que cette journée, souvent sponsorisée par des marques de vêtements et dont le but semble être de battre des records de postures façon Guinness Book, est en contradiction avec l’essence même du yoga, comme le déplorent les professionnels. Les enseignants regardent d’un œil consterné les innombrables déclinaisons de leur discipline, parfois absurdes, qui fleurissent dans les salles de sport hype.

Il faut dire que les marchands de concepts yogis font preuve d’une inépuisable inventivité. Citons le yoga-tequila ou sa déclinaison modérée, le yoga-bière. Mais aussi, dernière mode aux Etats-Unis, le goat yoga, ou comment enchaîner les postures entouré de… chèvres – voire avec la bête sur le dos, ce que décrivait récemment une dépêche de l’AFP. Ou encore l’alien yoga, présenté dans le quotidien britannique The Times le 15 août, qui consiste à aspirer le ventre pour ne laisser paraître qu’une bosse, façon Ridley Scott. Le 18 août, Grazia annonçait le « HIIT yoga » comme le must de la rentrée, soit l’invention d’un club parisien mêlant des exercices cardio et des postures de yoga. On pourrait continuer la liste.

Or, « le yoga n’est pas une thérapie ni une gymnastique, c’est une philosophie porteuse du sens de la vie qui permet, dans un monde en total boulever­sement, d’aller à l’essentiel », souligne Isabelle ­Morin-Larbey, présidente de la Fédération nationale des enseignants de yoga (FNEY) qui a fêté ses 50 ans cette année.

L’origine du yoga, mot issu du sanscrit qui signifie « relier, unir, joindre », implique la personne tout entière en réunifiant le corps, l’esprit et le cœur. Née il y a des milliers d’années en Inde, cette discipline désigne « l’arrêt des fluctuations du mental ». En pratique, les postures du yoga (asanas) et les exercices de respiration (pranayamas) permettent de fortifier les points d’appui physiques et respiratoires et de retrouver un axe, avec aisance et fermeté, sans aucun jugement.

« Aujourd’hui, le bien-être représente tout un marché, constate la psychanalyste Christiane Berthelet Lorelle, auteure de plusieurs ouvrages sur le sujet. Il nous faut donc transmettre et transmettre encore, nous référeraux textes anciens, continuer d’œuvrer pour que chaque personne ait la possibilité de discerner ce qu’est une pratique authentique, ancrée dans son éthique, d’une autre, vouée à la performance gymnique ou à l’esthétisation. » Aux antipodes d’une discipline express fondée sur la culture du résultat. « Patience, lenteur, persévérance, humilité sont les qualités développées sur le ­tapis », résume ­Isabelle Morin-Larbey.

Des bienfaits prouvés

« Ramener le yoga à une technique, c’est réducteur. Il ne suffit pas d’apprendre les postures. Ce n’est pas une démonstration, c’est même ­l’inverse. Le yoga s’apparente plus à une approche holistique, c’est une discipline corporelle, philosophique et spirituelle, qui propose de lâcher prise », explique Christophe Pasteur, ostéopathe, qui enseigne l’anatomie à l’Ecole française de yoga de Paris, qui dépend de la FNEY.

« On en fait une solution miracle pour tout, pour maigrir, alors que le yoga, c’est justement sedétacher des apparences. » Patrick Delhumeau, directeur de l’Ecole française de yoga de l’Ouest

« On en fait aujourd’hui une solution miracle pour tout, pour maigrir, alors que le yoga, c’est justement se détacher des apparences », souligne Patrick Delhumeau, directeur de l’Ecole française de yoga de l’Ouest. Ses bienfaits sur la santé sont prouvés par de nombreuses études scientifiques, que ce soit pour traiter la dépression, apaiser le stress, améliorer la digestion, la santé cardiaque… « Ça fait partie des effets secondaires désirables du yoga », décrit joliment M. Delhumeau. Les études le confirmant se multiplient ; on en compte des milliers. La pratique est de plus en plus proposée dans les établissements de soins.

Symptôme de l’époque, beaucoup y voient également une aide face au morcellement du temps, à la course effrénée permanente, au toujours plus, au « tout, tout de suite ». Le yoga permet de s’autoriser à prendre du temps pour soi.

Pour l’instituteur et scénariste Gilles Vernet, c’est « une discipline qui redonne souffle et souplesse à notre existence ». « Il est bon de se créer des pauses volontaires dans un monde qui ne nous les offre plus », dit l’auteur du documentaire et livre Tout s’accélère. « Prendre son temps donne de l’espace, voilà la leçon de cette pratique ancestrale », souligne la psychanalyste Christiane Berthelet Lorelle.

Le yoga peut aussi être « un refuge pour ­reprendre pied », comme pour Marie, qui a connu des ruptures affectives et professionnelles. Elle y a trouvé « un moyen de souffler et de reprendre confiance», sans jamais fuir. « Le yoga permet de se détacher de certains comportements, notamment consuméristes, insiste Mme Morin-Larbey. Et de se désencombrer, d’aller vers l’essentiel. » Inutile de s’encombrer d’une chèvre, même si elle est souple.

Le Yoga pour tous

juin9

FAUT-IL ÊTRE BLANC, SVELTE ET NANTI POUR FAIRE DU YOGA ?

Dans son livre «Every Body Yoga», la blogueuse et prof de yoga Jessamyn Stanley, 29 ans, prône une discipline moins consumériste et ouverte à tous.

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Enseignante, lesbienne, noire et de grande taille, l’Américaine Jessamyn Stanley redéfinit les stéréotypes dans son domaine : le yoga. Sans le vouloir, elle a acquis ces dernières années une certaine renommée sur les réseaux sociaux via son compte Instagram, devenu viral. Elle publie ces jours-ci un ouvrage, Every Body Yoga qui prend position contre le culte de la performance et une tendance au formatage normatif qui considère le yoga comme du fitness, réservé à des corps toniques et à des femmes apprêtées qui s’abreuvent d’eau de coco. Bref, un idéal impossible à atteindre et souvent très éloigné de la réalité.

Elle écrit : «Tous les corps ont le droit d’être représentés sur le papier, pas juste les silhouettes élancées, féminines et blanches. J’ai écrit ce livre pour tous les gens gros, vieux ou exceptionnellement petits. J’ai écrit ce livre pour toutes les personnes qui sont complexées par leur corps.» Ce faisant, Jessamyn Stanley déplore la grossophobie en vigueur dans le milieu sportif qui culpabilise les personnes de grande taille comme étant peu souples ou pas assez musclées. Selon elle, les personnes racisées sont encore trop peu représentées dans cette pratique qui semble, de l’extérieur, réservée aux seules sportives issues de milieux privilégiés. Face au consumérisme qui encourage à s’abonner à des studios onéreux et à s’équiper de tout un tas d’accessoires, elle rappelle le mot d’ordre spirituel des gourous yogis : vivre au présent et s’éloigner des biens matériels.

A travers son parcours, Jessamyn Stanley précise que rien ne la destinait, a priori, à la pratique du yoga. La jeune femme a grandi dans une famille afro-américaine typique de la classe moyenne du sud des Etats-Unis. Scolarisée dans un milieu blanc et aisé, elle était souvent comparée par ses camarades, en raison de ses goûts, au gâteau Oréo : noire dehors et blanche dedans… Adolescente boulotte, elle se voit opposer un refus lorsqu’elle postule auprès de l’équipe des cheerleaders du lycée : «Je me sentais moche et rejetée», écrit-elle. Jessamyn Stanley explique qu’elle a ensuite commencé à manger, beaucoup et sans discernement, lorsque sa mère est tombée malade. La jeune fille suit son premier cours de bikram (un yoga à haute température) à l’âge de 16 ans et le vit comme «un enfer». Plus tard, elle aura souvent envie de pleurer quand elle ne parvient pas à faire certaines poses. «Je croyais vraiment que je n’étais pas digne d’un studio de yoga», écrit-elle.

Son livre décrit en détail les différents asanas ou postures à pratiquer selon sa morphologie. Et répond à des questions d’internautes, par exemple : «Que faire si je suis la personne la plus grosse en cours et que tout le monde me regarde ?» Si le studio que vous fréquentez n’est pas inclusif, explique-t-elle, pratiquez dans le lieu le plus «body positive» : chez vous. Les cours dispensés sur Internet comme sur le site Yogaglo constituent aussi une saine alternative au jugement d’autrui. L’essentiel, selon l’enseignante, étant de se concentrer sur «ce que je ressens» plutôt que «à quoi je ressemble ?». Le poids n’est pas une tare ni une maladie, tout comme le yoga n’est en rien un régime amaigrissant : «Si vous êtes grosse, faites de la place pour votre chair, elle a besoin que l’on s’y adapte !» 

Source : Libération. Par Clémentine Gallot

Comment le yoga peut aider à « muscler » son mental

mai13

Aujourd’hui adoubée par la science occidentale qui lui reconnaît de multilples vertus, le yoga est bien plus qu’une simple gymnastique : la discipline agit dans la tête.

Il est sans doute en train d’arriver au yoga ce qui s’est passé pour la méditation. Pratiques ancestrales sœurs, issues de la même région du monde, elles sont aujourd’hui adoubées par la science occidentale, qui confirme toutes les vertus qu’on leur attribue depuis plus de 5000  ans. Aux États-Unis notamment, où le yoga est très populaire, les recherches se multiplient. Parmi les plus récentes, il a été montré que deux séances de yoga par semaine diminuent la fatigue et améliorent les fonctions sexuelles et urinaires des malades du cancer de la prostate sous radiothérapie.

Mais point besoin de souffrir d’une pathologie pour profiter des bienfaits de cette pratique physique qui allonge les muscles, modèle le corps et dé-stresse. Tous les pratiquants réguliers le savent: le yoga – on l’oublierait presque avec la mode actuelle des power et ashtanga yogas qui invitent à des enchaînements rapides de postures – n’est pas seulement une méthode pour transformer ses muscles ou son poids. Pratiquée régulièrement, elle a des effets sur la personnalité et la vie quotidienne.

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«Ce n’est qu’au bout d’une année de cours particuliers que j’ai perçu des changements en moi , témoigne Pascale Leroy, auteur du manuel d’initiation Yoga en 21 jours (Leduc.s Éditions). Je suis allée voir mon prof et lui ai dit: “Je ne comprends pas ce qui se passe, je ne réagis plus du tout comme avant!” Il m’a regardée et m’a dit: “C’est normal, avec la pratique, nous avons “usé” ce qui est en trop.”» Pour celle qui, depuis, est devenue enseignante de yoga, tel est l’apport majeur de la discipline: «Nous alléger, nous “désencombrer” des pensées fausses, des idées toutes faites et des comportements erronés. Le yoga épure. Il le fait à travers un travail corporel permettant de sortir de réflexes conditionnés et le changement se fait alors même qu’on ne le pensait pas possible…»

Pour le pratiquant, un plus grand contact avec qui il est en découle. Emmanuel de Catuélan, professeur à Paris, rappelle d’ailleurs que, dans la tradition hindoue, tout comme la danse ou l’étude des textes, le yoga est une voie de connaissance de soi. «Ce qui importe est le ressenti de lui-même que chacun éprouve en prenant une posture», précise-t-il. «La proprioception, notamment, sorte de sixième sens qui permet de recevoir les informations internes du corps, se développe avec la pratique régulière. Peu à peu, l’élève devient de plus en plus observateur et plus à l’écoute, de l’extérieur aussi.» Pour ce professeur, il s’agit d’apprendre à «regarder autour, ouvrir son regard», et alors des sensations nouvelles peuvent se manifester… dans le corps mais aussi dans la vie. «L’intériorisation permet paradoxalement d’être plus naturel et spontané face aux événements incontrôlables.»

C’est là l’un des deuxièmes grands bénéfices de la pratique: elle permettrait de développer une certaine souplesse psychique. «Plus on se connaît, plus on accepte de s’abandonner à la posture et d’aller toucher certaines de nos limites», observe Pascale Leroy.

Croire que la pratique du yoga rendrait le caractère plus «mou» est une erreur. En réalité, si cette discipline amène souplesse physique et mentale, c’est toujours en invitant aussi à «tenir ferme sur son socle». «La régularité des séances, la persévérance vous mettent en contact avec votre axe, mais aussi vos appuis, explique Pascale Leroy. La couleur de votre humeur, ce qui est, là où vous en êtes à ce moment-là, c’est cela le point de départ à partir duquel une évolution devient possible.»

Ni totalement relâché ni trop tendu, l’élève apprend peu à peu dans la vie à «chercher le point de confort», affirment les habitués du yoga. Alors cette sensation d’assise confortable en l’instant peut aussi se diffuser dans l’existence. «Dans la pratique, comme dans la vie, il y a des hauts et des bas», rappelle Philippe Filliot, professeur de yoga à Reims et auteur du Yoga comme art de soi(Éditions Actes Sud). «En revanche, quelle qu’elle soit, la pratique élève, même quand on tombe. Qu’il vente ou qu’il pleuve, le fond du ciel reste là (…), les hauts et les bas n’ont dès lors plus aucune importance. Le yoga nous donne une boussole intérieure qui permet de ne pas se laisser emporter par eux et de les relativiser, les atténuer, les dépasser sans pour autant les nier, et donc de les traverser.» La confiance en soi, elle aussi, s’en trouve donc particulièrement grandie.

Source : Pascale Senk / Figaro Santé

3 bonnes raisons de pratiquer du yoga à l’extérieur

mars14

yoga nice yoganiceL’arrivée du printemps est l’occasion idéale pour profiter de la nature tout en travaillant ses positions de yoga.

Pour se reconnecter à la nature

Le yoga est une discipline qui, au delà du côté physique et musculaire, stimule tous les sens. Le pratiquer en pleine nature aide à réveiller encore plus l’odorat, la vue, et le toucher, augmentant ainsi les sensations bénéfiques. Même lorsque nous vivons à la campagne, profiter de la nature n’est pas toujours un réflexe facile à intégrer au quotidien. Au lieu de programmer une promenade, le simple fait de prendre l’air pendant la pratique du yoga aide à mieux respirer et à se sentir plus présent.

Pour le corps

Diminuer les risques de cancer, baisser la tension artérielle, améliorer la mémoire et l’attention, lutter contre le stress, gagner de l’énergie… de nombreuses études citées par Best Health Mag ont montré les bienfaits physiques liés à une activité sportive pratiquée en extérieur. Le corps se ressource plus rapidement, et la sensation de bien-être aide à rester en forme toute la journée.

Pour l’esprit

Lorsqu’on termine une séance de yoga par quelques minutes de méditation ou de relaxation, le fait d’être dans la nature accentue l’effet positif sur la diminution du stress. Le cerveau se détend plus facilement lorsqu’il est dans un cadre plus « vert », et l’organisme produit moins de cortisol, l’hormone du stress, que lorsqu’on est en ville ou dans une salle de sport.

Source : Santé Magazine mars 2017

Les bienfaits du yoga sur votre corps: comment cette discipline le transforme dès le premier jour

décembre18

La pratique du yoga en Occident est devenue une symbole de paix intérieure, de sérénité et de bien-être. Depuis le jeudi 1er décembre, le yoga a même été inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité. Plus de 20 millions d’Américains s’y sont mis, en France, il y aurait plus de 3 millions d’adeptes.

Cette activité est souvent citée en exemple pour sa propension à réduire le stress et améliorer le bien-être général. La recherche scientifique sur les bienfaits du yoga en est encore à ses débuts mais voici résumés en une infographie, les effets potentiels de cette discipline sur le corps et l’esprit.

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Après le cours

Les fonctions cérébrales améliorées

20 minutes seulement de yoga hatha – une ancienne forme de cette discipline qui est centrée sur les postures physiques peut améliorer les fonctions cognitives, améliorer la concentration et la mémoire. Selon une étude de l’Université de l’Illinois, des participants ont bien mieux réussi des tests intellectuels après un cours de yoga en comparaison avec les mêmes tests réalisés après 20 minutes d’exercices d’aérobic.

 Des niveaux de stress plus bas

Le pouvoir du yoga sur le stress pourrait venir de sa capacité à atténuer l’activité des protéines connues pour jouer un rôle dans l’inflammation, selon une étude publiée en 2014 par des chercheurs de l’Université de Californie.

 Expression des gènes altérée

Selon une étude norvégienne, le yoga pourrait modifier la façon dont les gènes s’expriment dans les cellules immunitaires.

Améliorer la souplesse

Selon une étude de l’Université du Colorado, le yoga bikram – une forme de yoga qui consiste en un enchaînement de 26 postures pendant 90 minutes dans une salle chauffée – est liée à une plus grande souplesse des épaules, du bas du dos et du haut des cuisses.

Après quelques mois

Baisse de la tension artérielle

Les personnes souffrant d’hypertension peuvent voir leur condition s’améliorer grâce au yoga selon étude de l’Université de Pennsylvanie.

Capacité pulmonaire améliorée

Selon une étude publiée en 2000 par l’Université de Ball, la pratique du yoga hatha pendant 15 semaines pouvait significativement améliorer leur capacité pulmonaire (la quantité maximum d’air expiré après une grande inspiration).

Vie sexuelle améliorée

Une étude publiée par l’Université d’Harvard dans le Journal of Sexual Medicine a montré que pratiquer le yoga peut améliorer l’excitation, le désir, l’orgasme chez les femmes. Le yoga permet aussi aux femmes d’améliorer leur vie sexuelle en améliorant la connaissance de leur corps selon une étude publiée dans le Journal of Sex and Marital Therapy.

Réduction des douleurs chroniques du cou

Une étude allemande publiée dans le Journal of Pain a montré qu’une pratique de quatre semaines de yoga Iyengar est efficace pour réduire l’intensité de la douleur chez les adultes qui souffraient de douleurs chroniques au cou.

Soulagement de l’anxiété

Une étude de l’Université de Boston publiée en 2010 a montré que 12 semaines de yoga pouvaient aider à réduire l’anxiété et à augmenter les niveaux de gamma-aminobutyric (GABA) dans le cerveau. Des niveaux trop bas de GABA sont liés à la dépression et aux troubles de l’anxiété.

Soulagement des douleurs chroniques du dos

Les chercheurs de l’Université West Virginia ont montré que le yoga Iyengar était plus efficace pour réduire la douleur et améliorer l’humeur que les traitements standards pour les douleurs chroniques du dos.

Diminution du taux de sucre dans le sang chez les diabétiques

Le yoga, en plus d’un traitement adéquate, peut permettre de faire diminuer le taux de sucre dans le sang selon une étude de l’association Diabetes Care publiée en 2011. Selon Reuters, trois mois de yoga et un traitement peuvent contribuer à au moins stabiliser le taux de sucre dans le sang.

Équilibre amélioré

Pour les femmes de plus de 65 ans, la pratique du yoga iyengar permet d’avoir un meilleur équilibre selon une étude publiée en 2008 par l’Université de Temple.

Après des années

Des os plus solides

Une étude pilote menée en 2009 par le docteur Loren Fishman a montré que pratiquer le yoga pouvait améliorer la solidité des os des adultes. « Nous avons fait un scanner de la densité des os, ensuite nous avons demandé à la moitié des participants de se mettre au yoga pendant deux ans. Finalement, nous avons fait un nouveau scanner », explique Loren Fishman à nos confrères américains du Huffington Post. « Et non seulement ces personnes n’avaient pas vu leur densité osseuse diminuer, mais elle avait même augmenté, contrairement à l’autre groupe. »

Un poids de forme

Des chercheurs du centre anti cancer de Seattle ont trouvé un lien entre la pratique du yoga et une perte de poids – ou au moins un poids à l’équilibre parmi les 15.000 adultes qui participaient à l’étude.

Un risque moindre de développer un risque cardiaque

Le yoga en parallèle d’un mode de vie sain pourrait faire baisser les facteurs de risques cardiovasculaires comme la pression artérielle et le cholestérol selon une publication de Harvard.

Source : Huffington Post

 

À 98 ans, Täo Porchon-Lynch est la professeure de yoga la plus âgée au monde

décembre10
Täo Porchon-Lynch a commencé le yoga alors qu’elle était âgée d’à peine une dizaine d’années. Quelque huit décennies plus tard, elle continue d’enseigner la discipline sans faillir !

De plus en plus d’adeptes rejoignent chaque année les rangs de tapis de mousse des classes de yoga. Célébrités (désormais surnommées « yogalébrités », si, si…) ou anonymes, la pratique, dont les bienfaits se font sentir aussi bien au niveau du corps que de l’esprit, ne séduit pas seulement les jeunes générations. Et Täo Porchon-Lynch en est la preuve : la New-Yorkaise est la professeure de yoga la plus âgée au monde, et pour cause… elle a 98 ans et une pêche d’enfer ! Devenue un phénomène sur les réseaux sociaux (elle cumule plus de 17 000 abonnés sur Facebook), cette mamie pas comme les autres se fait connaître en 2012 après qu’un photographe, incrédule, l’a immortalisée faisant ses exercices dans Central Park. Les clichés ont fait le tour de la toile… Mais c’est surtout sa personnalité atypique qui a fait de Täo une sensation : la vieille dame, qui a toujours les ongles peints et porte de grosses boucles d’oreilles, affirme ne jamais boire de l’eau et ne jure que par le vin et le thé !

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Un passage remarqué dans un télé-crochet américain

Sa passion pour le yoga est née dans son pays d’origine, l’Inde : à 8 ans, elle remarque un groupe d’hommes faisant des contorsions sur la plage. « Je suis allée voir ma tante et lui ai demandé « Est-ce que je peux me joindre à eux ? ». Elle m’a répondu : « Ce n’est pas un jeu, c’est du yoga et ce n’est pas pour les filles bien élevées ». Alors j’ai commencé à en faire », raconte-elle au New York Times. Une âme de rebelle, vous avez dit ? Aujourd’hui, Täo Porchon-Lynch assure ses 5 classes par semaine malgré 3 opérations de remplacement de hanche… Elle s’est même présentée en 2015 au télé-crochet America’s Got Talent où elle a donné une prestation de danse incroyable en compagnie d’un danseur âgé de 26 ans… Et comme elle le dit elle-même, « dans ma tête, j’ai toujours 20 ans, et je n’ai pas du tout l’intention de grandir ».

C’est ce qu’on appelle une mamie qui déchire !

Source : Biba.

« J’ai testé le yoga bikram: non merci! »

novembre25

Le yoga bikram se pratique dans une salle où la température dépasse les 40 degrés et le taux d’humidité les 35%. (Par Camille Moreau, journaliste à l’Express).

La chaleur n’a jamais vraiment été mon truc. D’ailleurs au-delà de 30 degrés, mon corps semble refuser le moindre effort et des plaques rouges apparaissent sur mon buste. Alors passer 90 minutes dans une salle dépassant les 40 degrés pour reproduire le climat cher à son fondateur l’Indien Bikram Choudhury ne m’emballait pas tellement. Mais curieuse de découvrir le yoga Bikram et surtout de tester ma résistance physique et mentale, j’ai finalement poussé la porte d’un centre du IXe arrondissement à Paris, persuadée que je ne tiendrai pas toute la durée de la séance.

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Résister à la chaleur

Comme conseillé sur le site, j’arrive à la salle avec pour seule tenue de sport un legging léger et une brassière. Déjà un brin stressée par la température qui m’attend, je manque de faire demi-tour lorsque la professeure m’indique à mon arrivée que je vais ressentir des sensations de vertiges mais que « c’est normal, c’est le corps qui travaille, il ne faudra pas paniquer ».

La curiosité et l’envie de découvrir les bienfaits vantés par la discipline l’emportent, j’entre finalement dans les vestiaires où la chaleur frôle déjà les 30 degrés. Je m’habille en vitesse et c’est parti!

En entrant dans la salle, j’ai l’impression de pénétrer dans un hammam. Je préfère m’installer près de la porte, on ne sait jamais. La chaleur est intense. La plupart des participants sont allongés sur le sol pour habituer leur corps à la température de la pièce. Bonne surprise, la salle me paraît propre, le sol est duveteux mais dans une matière plastique qui paraît facile à nettoyer et il n’y a pas d’odeur de transpiration.

Pendant 25 minutes, on débute par des exercices de respirations qui vont aider à trouver un rythme calme et à supporter la chaleur sans suffoquer. En 10 minutes je suis en nage et complètement groggy, mais je m’accroche.

Durant les 65 minutes qui suivent, la professeure, perchée sur une estrade, nous guide dans les 26 postures du bikram qui s’enchaînent, tout en nous conseillant de boire régulièrement.

Souplesse et vide de l’esprit

J’ai plus l’impression de relever un défi que de pratiquer une activité sportive. Avec la chaleur, mon corps me paraît plus malléable et réceptif à la réalisation des différentes postures. Je gagne en souplesse, je m’étire. Ça fait du bien.

Autre effet du yoga Bikram, je ne pense à rien d’autre qu’à ma respiration et à rester calme. C’est donc un bon moyen de faire le vide. Cet état de concentration intense est dû à la température élevée qui place le corps dans un état second au cours duquel il lui est difficile de penser à autre chose qu’à sa résistance.

La séance se termine sur un enchaînement durant lesquels je peine à rester debout. Je suis vidée et ressens les fameux étourdissements dont me parlait la coach.

Le cours s’achève. En chuchotant, la professeure nous félicite pour « ce bel effort » et s’éclipse discrètement. On s’allonge, on récupère, on reprend peu à peu nos esprits et on quitte la salle à notre tour. Dans le vestiaire, le silence est de mise, chacun sort doucement de l’état d’endormissement provoqué par la chaleur.

Je prends le métro, toujours plongée dans cet état second. Je suis fière d’être restée jusqu’au bout. Défi relevé!

Une chaleur qui n’est pas sans risques

Plutôt emballée et fière de moi en sortant du cours, je dois avouer que j’étais alors à deux doigts de m’inscrire. Jusqu’à ce que le lendemain je me sente fatiguée, vaseuse et que je ressente des douleurs dans les jambes. Elles dureront près d’une semaine. Rien de grave, mais je cogite et m’interroge sur les risques de la discipline. S’imposer 90 minutes de chaleur intense dans une salle fermée avec peu d’aérations n’est-il pas sans risques pour le corps?

J’ai posé la question au Dr Michel Gaillaud. Ancien médecin chef de l’Olympique de Marseille. Il s’occupe de nombreux sportifs, dont certains médaillés aux Jeux Olympiques et s’intéresse plus particulièrement à la chronobiologie de l’effort.

Selon lui, le yoga Bikram est avant tout une discipline « marketing ». « Il n’y a pas d’élimination des toxines par la sudation, sinon, dans les zones tropicales, les gens ne seraient jamais malades », assure-t-il.

A mes interrogations sur les risques potentiels sur la santé, Michel Gaillaud m’explique que cette chaleur extrême est néfaste pour la circulation du sang mais peut également provoquer des troubles cardiaques. « La chaleur élève le rythme cardiaque. C’est un effort important pour le corps qui, si vous souffrez de problèmes de coeur, peut conduire à un arrêt cardiaque. »

Pour lui, cette manière de pratiquer le sport est illogique et néfastesur le long terme. « Le corps déteste les à-coups. Par exemple, lorsqu’un enfant a 40 de température et convulse, c’est parce que la température est montée trop rapidement. En restant 90 minutes dans une salle soumise à une chaleur extrême, vous risquez un coup de chaud qui se caractérise par une hébétude, des contractures, un comportement inhabituel, une soif importante ou encore l’envie de vomir », explique-t-il. Une consultation médicale préalable semble donc requise lorsque l’on souhaite se mettre à cette activité.

Bilan

Après réflexion, même si en sortant de la salle j’étais plutôt emballée par le fait d’avoir pu lâcher-prise et faire le vide pendant 90 minutes, les étourdissements et l’état second dans lequel je me suis trouvée durant le cours m’ont finalement effrayée. L’avis médical de Michel Gaillaud a confirmé mes réticences et m’a donnée envie de me tourner vers une pratique qui ne brusque pas mon corps de manière aussi violente. L’espace confiné associé à une chaleur oppressante, ce n’est finalement définitivement pas pour moi.

Source L’Express : http://www.lexpress.fr/styles/forme/l-avis-de-la-redac-j-ai-teste-le-yoga-bikram-non-merci_1853057.html

La méditation, un exercice spirituel et pas un simple remède au stress

novembre7

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Le yoga se transforme en pure gymnastique, les arts martiaux deviennent des sports de combat sans dimension de travail sur soi et la méditation un simple exercice de relaxation.

Les pratiques de retour à soi, méditation, yoga, thérapies en tout genre, ont le vent en poupe! Des centres spécialisés fleurissent un peu partout en France, plusieurs journées à thème ont investi récemment de hauts lieux culturels (24h de la méditation au Grand Rex, Méditation 2015 au théâtre du châtelet), les magazines y consacrent des numéros entiers et le public conquis s’étend toujours plus.

De quoi ce véritable phénomène de société est-il le signe, ou peut-être même le présage avant-coureur? La défiance est-elle de mise à l’égard de tout ce soudain « souci de soi » qui trahirait un hyper-narcissisme à peine déguisé sévissant dans notre société? Ou bien s’agit-il de se féliciter, avec discernement et prudence, que l’homme moderne cherche à nouveau le chemin de son intériorité?

Le phénomène est aujourd’hui beaucoup tourné en dérision par les sceptiques rationalistes. Certains y déplorent une régression vers l’irrationnel, d’autres le balaient d’un revers de la main comme un simple effet de mode ou comme un vulgaire « égo-trip ». Et l’importation de méthodes empruntées à des cultures exotiques, majoritairement extrême-orientales comme le bouddhisme zen, est taxée de « tourisme spiritualiste » ou de « pseudo-orientalisme néo-bobo ».

La pratique de la méditation réduite aux standards des loisirs modernes

Et en effet, force est de constater que dans l’offre actuelle, très prolifique, on trouve « à boire et à manger ». Beaucoup de cours ou de thérapies se donnent toutes les apparences des grandes pratiques ancestrales sans en avoir bien recueilli et adapté à l’Occident la substantifique moelle. Le yoga se transforme en pure gymnastique, les arts martiaux deviennent des sports de combat sans aucune dimension de travail sur soi et la méditation un simple exercice de relaxation destiné à soulager un psychisme saturé de stress. Apprendre à lâcher prise, accueillir le moment présent, trouver la paix intérieure, voilà les stéréotypes auxquels la méditation se trouve trop souvent réduite –au risque de l’assimiler à un super Valium! La mise en garde du grand penseur et thérapeute allemand Karlfried Graf Dürckheim semble donc avoir été aussi justifiée que prémonitoire: « lorsque [les exercices spirituels orientaux] parviennent en Occident, ils courent le danger d’être privés de leur sens initiatique et d’être transformés en banals exercices pratiques ». (1)

Quant aux motivations des nouveaux adeptes, leur observation signale le même risque de vider ces exercices de leur substance la plus authentique et exigeante. Nombreux sont ceux qui ne recourent ainsi à ces pratiques que selon les standards des loisirs modernes: pour se détendre, décompresser, se délester du trop plein accumulé pendant une journée ou une semaine surchargée. Ils s’en emparent comme moyen efficace pour mieux gérer le stress et les tensions auxquels le mode de vie moderne les soumet. Ce qui leur permet, en fin de compte, de mieux continuer à supporter les excès et les déséquilibres profonds que cette vie implique… Tout cela donc non seulement ne transforme pas l’être en profondeur mais ne transforme pas non plus le monde! Cela non plus n’avait pas échappé à K.G. Dürckheim qui déplorait qu’on puisse se saisir de ces exercices à vocation initiale d’élévation et de libération intérieure pour, au contraire, « continuer sans souffrir à suivre une voie fausse » (2).

K.G. Dürckheim déplorait qu’on puisse se saisir de ces exercices à vocation initiale d’élévation et de libération intérieure pour, au contraire, « continuer sans souffrir à suivre une voie fausse ».

Conduire à des degrés d’éveil, selon un projet au long cours de réalisation spirituelle

Il ne me semble pas inutile par conséquent de rappeler le sens originel de ces pratiques. Car il est en fait d’un tout autre ordre, d’une toute autre dignité. Leur objectif réel n’est pas d’apporter un peu de repos et de bien-être mais de conduire à des formes et des degrés d’éveil, selon un projet au long cours de réalisation spirituelle, c’est-à-dire de découverte en soi, et d’accomplissement, de notre être essentiel distingué de notre ego ordinaire! C’est en cela que leur vocation est fondamentalement « initiatique » comme le rappelait encore K.G. Dürckheim. Comment? Toutes les traditions de sagesse de la planète –des philosophes et thérapeutes de l’Antiquité (l’école des stoïciens ou celle de Philon d’Alexandrie) aux maîtres hindous, taoïstes, bouddhistes, soufis, hassidiques, etc.- nous indiquent qu’au fond de nous, dans notre terre intérieure, gît le trésor ou la semence de cet être essentiel qui est aussi bien notre capacité créatrice que notre singularité –ce que chacun a d’unique. A travers la répétition régulière, continue et toujours plus approfondie de ces exercices introspectifs, nous mettons en culture cette terre pour qu’elle puisse donner ses fruits. Nous travaillons à réveiller notre être essentiel –Platon disait à nous en « ressouvenir »- ou plus exactement à éveiller notre conscience ordinaire à sa présence en nous. Avec comme but ultime de semer dans le monde les graines ainsi cultivées dans notre intériorité, de l’enrichir de ce qu’on détient d’unique et de meilleur.

Prenons garde avec les pratiques du retour à soi à ne pas en rester… à soi! Martin Buber écrivait : « Commencer par soi, mais non finir par soi; se prendre pour point de départ, mais non pour but; se connaître mais non se préoccuper de soi ».

Réaliser un progrès d’être dans le souci d’agir avec plus de justesse

Et nous arrivons là au dernier point que je souhaite préciser ici: prenons garde avec les pratiques du retour à soi à ne pas en rester… à soi! « Commencer par soi, mais non finir par soi; se prendre pour point de départ, mais non pour but; se connaître mais non se préoccuper de soi », voilà toute la subtilité et l’enjeu éthique d’une véritable démarche spirituelle telle qu’énoncée par Martin Buber dans Le chemin de l’homme (3). Et c’est sans doute finalement cette différence d’horizon qui distingue le plus un exercice spirituel d’une méthode dite de « développement personnel ». Qu’est-ce que je vise dans ma méditation, ma séance de yoga, mon moment d’introspection: « ma réussite personnelle » ou « le succès de la vie » (4) -pour reprendre ici la distinction édifiante de Teilhard de Chardin? Est-ce que je cherche à développer mes capacités de concentration, mon self-control, ma résistance au stress, afin d’être plus performant dans mes activités professionnelles et « assurer » dans ma vie personnelle? Ou est-ce que je cherche en moi-même les moyens de me dépasser, de réaliser un progrès d’être et de conscience non pas à mon seul avantage mais dans le souci d’agir avec plus de justesse dans le monde, de m’inscrire de façon plus féconde, plus généreuse, plus harmonieuse dans l’ensemble du vivant? Voilà le type de questions que nous gagnerions à nous poser pour être bien conscients de la dimension plénière des pratiques où nous sommes aujourd’hui de plus en plus nombreux à nous réengager…

Est-ce que je cherche en moi-même à agir avec plus de justesse dans le monde, à m’inscrire de façon plus féconde, plus généreuse, plus harmonieuse dans l’ensemble du vivant?

Il me semble d’autant plus important de rappeler cela maintenant que je perçois dans le succès actuel des pratiques du retour à soi, notamment celles rassemblées sous la dénomination « développement personnel », beaucoup d’aspirations spirituelles, peut-être tâtonnantes ou confuses, mais qui sont sans doute l’un des premiers signes du grand réveil des intériorités qui marque notre entrée dans le XXIème siècle! Après des décennies dominées par le rationalisme, le positivisme et le matérialisme, l’homme moderne est devenu boîteux, à force d’avoir surinvesti son moi social, tourné vers le monde extérieur, et délaissé son être profond. Il est surdéveloppé extérieurement car il a atteint un niveau de maîtrise des conditions matérielles de son existence sans précédent et il ne compte plus que sur les ressources du monde extérieur pour lui apporter tout ce dont il a besoin pour épanouir son corps et son coeur. Et sous-développé intérieurement, car la sécularisation s’est accompagnée d’une déconsidération pour la vie intérieure et a abouti en quelques décennies à ce que K. G. Dürckheim appelle « le grand oubli de l’Etre ».

Un changement de civilisation, un équilibre entre l’être-au-monde et l’être-à-soi

Or c’est justement ce refoulé qui tente aujourd’hui de faire retour, me semble-t-il, à travers cet afflux de nouveaux chercheurs de sens, chercheurs de « soi » (ou du « Soi », c’est-à-dire de l’être essentiel). Derrière la variété des voies empruntées, qui exprime légitimement le désir de liberté, et malgré la maladresse et la confusion des premiers pas, tous ceux-là aspirent au fond à réinsuffler de l’ « être » dans tout le pouvoir « faire » et « avoir » de la vie moderne; ils aspirent à agir dans le monde à partir de leur élan intérieur et non par simple conformisme aux exigences sociales. Derrière ce qui pourrait donc a priori s’apparenter à un vulgaire effet de mode, voire à un trip narcissique, c’est une mutation beaucoup plus profonde qui me semble en marche. Derrière toutes ces recherches individuelles, c’est un véritable changement de civilisation qui se prépare, fondé sur un meilleur équilibre entre l’être-au-monde et l’être-à-soi.

Mais, dans l’état d’inculture spirituelle qui est le nôtre actuellement, ces aspirations en restent pour l’heure trop fréquemment à des formes d’expression superficielles et encourent ainsi le risque de perdre leur élan et de s’affaisser sur elles-mêmes. Il nous appartient donc de relever le niveau d’exigence en rehaussant le niveau de connaissance. Il nous revient de veiller à nous réapproprier, en même temps que les méthodes ancestrales, la véritable culture spirituelle dont elles sont porteuses. Quoi de plus naturel et impérieux, en effet, que de nous tourner vers les trésors de ressources offerts par les différents héritages de sagesse de l’humanité, à l’heure où devient elle-même si impérieuse la nécessité de réinvestir le monde des profondeurs, de se remettre à cultiver nos terres intérieures pour redonner une dimension spirituelle à nos existences. Mais veillons bien à en retrouver l’esprit avant d’en appliquer la lettre… Et peut-être même alors qu’en vertu de cet esprit, nous saurons mieux adapter la lettre aux conditions du temps présent et à la singularité de chacune de nos existences.

Inès Weber – Psychologue clinicienne, psychothérapeute

Source : Huffington Post

(1) Karlfried Graf Dürckheim, L’expérience de la Transcendance, Albin Michel, 1994, p. 69

(2) Karlfried Graf Dürckheim, L’homme et sa double origine, Albin Michel, 1996, p. 187

(3) Martin Buber, Le chemin de l’homme, Editions Alphée, 2007, p. 42

(4) Pierre Teilhard de Chardin, Etre plus, Paris, Editions du Seuil, 1968, p. 28

5 conseils pour bien faire du yoga.

octobre12

yoganice5 conseils pour bien faire du yoga.

Si on pratique mal, on peut se blesser pendant ses séries d’asana. Pour s’épargner, cinq conseilles de Bernadette de Gasquet, médecin et professeur de yoga.

Ayez l’esprit yoga

« Le yoga une discipline merveilleuse, à l’origine de toutes les autres. Tout est dedans, la méditation, la concentration, l’équilibre, la gestion du stress… à condition de pratiquer correctement. Pour cela, il faut acquérir les placements de base justes, ce qui prend du temps. Leur répétition erronée pendant des mois ou des années peut blesser à bas bruit. Par exemple, ne cherchez pas à toucher vos pieds avec les jambes tendues, pliez les genoux et non pas le dos pour le préserver. Veillez aussi à intégrer les postures dont vous avez besoin, ce que vous indiquera l’enseignant, plutôt que celles qui vous paraissent faciles. Et évitez de vous comparer aux autres. »

Pour bien faire du yoga trouvez le bon professeur

« Ce n’est pas facile en l’absence de diplôme officiel, alors prenez le temps de le chercher. En début de cours, il demandera de signaler toute douleur et précisera ensuite ce que chacun doit éviter ou faire en fonction de ses capacités physiques et de son niveau de yoga. Il doit décrire comment on s’installe dans une posture, montrer le chemin pour y parvenir, ainsi que la respiration à adopter pendant qu’on l’exécute. Lui-même doit avoir une bonne statique, car ce n’est pas bon signe s’il a les genoux ou les hanches abîmés par des années de pratique ! »

Choisissez votre style

« C’est une question de personnalité. Certains cherchent à se relaxer, d’autres s’orientent vers un yoga dynamique. Tous les styles peuvent convenir tant que l’on respecte la respiration, les placements et l’étirement. Mais on ne choisit pas un yoga athlétique dans lequel les postures s’enchaînent rapidement si l’on est raide ou si l’on n’a jamais pratiqué. »

Suivez un cours qui vous fait du bien

« Vous devez vous sentir plus grand et étiré en sortant de la séance qu’en y entrant, en repartir avec le sentiment d’avoir travaillé en profondeur. C’est bien de se détendre et d’oublier ses problèmes pendant une heure, cela ne sera pas forcément bénéfique à long terme. Ainsi, certains professeurs invitent à travailler “relâché”. Mais quand on ne fait aucun effort pour lutter contre la gravité, on va dans le sens de ses tensions, au risque d’accentuer les déséquilibres habituels, une scoliose par exemple. Structurer et rééquilibrer le corps exige un minimum de contraintes. Vous devez vous dire : “Tiens, cette partie du corps existe ! J’ai un muscle, là !“ »

Ecoutez votre corps

« Pour bien faire du yoga sachez distinguer l’effort de la souffrance : il faut arrêter immédiatement la posture si la douleur est d’origine articulaire (épaule, hanche, genou, cheville…). En revanche, il est normal de sentir que ça tire dans les muscles, trop souvent rétractés. Dans ce cas, poursuivez doucement l’étirement, sans à-coups sinon ils bloqueront. Après un à deux mois, vous aurez une meilleure posture et vous vous sentirez moins fatigué. Les amis d’une élève se sont aperçus que celle-ci était plus grande que son mari, ce qu’ils n’avaient jamais remarqué avant qu’elle se mette au yoga ! La condition pour progresser ? Rester concentré pour adopter une posture juste et préserver ainsi les ligaments et les articulations. Ne cherchez pas des résultats rapides et acceptez de ne pas réussir les positions acrobatiques. »

Le bon rythme

Deux séances par semaine. « Comme le corps est plus détendu quand on comprend une posture, on la fait mieux la deuxième fois. Une séance hebdomadaire peut suffire si vous prenez l’habitude de vous accorder 10 minutes chaque jour après le travail pour vous détendre et vous étirer.»

Bernadette de Gasquet – Elle 7/10/2015

Le secret de Djokovic : yoga et alimentation équilibrée

janvier28

http://www.huffingtonpost.fr/2015/01/28/open-australie-novak-djokovic-yoga-alimentation-equilibree_n_6547670.html

NOVAK DJOKOVIC ET LE YOGA

 

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