Le Yoga d’Isabelle

Yoga et Méditation

Le Zen est un chemin qui va…

août7
« Le voyage (conte d’origine tibétaine)
Deux moines sont en voyage. Depuis trois jours, ils n’ont rencontré qu’une vieille femme sur le seuil de sa cabane. Elle leur a offert un peu d’orge grillée, liée avec du thé et du beurre rance. Cette maigre tsampa – plat traditionnel tibétain – qui date de la veille est déjà descendue dans leurs talons. Ils ont faim, ils ont froid. Soudain, la pluie se met à tomber. Le plus jeune des moines se protège de son mieux avec un pan de sa robe. Le plus âgé marche devant en silence. La nuit descend, à l’horizon nul abri, ni temple, ni ermitage, pas la plus modeste cabane. Le sentier qu’ils suivent se perd au loin dans la montagne. Le jeune novice n’en pleut plus. Il ignore le but de cet interminable voyage. « Le temple zen ne doit pas être éloigné, se dit-il, il me semble que nous approchons de Kamakura, mais est-ce bien notre destination ? » Rompant les consignes strictes de silence, il ose interroger son supérieur, qui marche d’un pas égal : « Maître, où allons-nous ? – Nous y sommes, répond le maître. – Vous voulez dire que l’étape est proche ? insiste le jeune moine. – Ici, maintenant. Nous y sommes. »
Le novice effaré regarde le sentier pierreux, qui s’enfonce dans la brume. Au loin, les cimes redoutables se perdent déjà dans la nuit. Il a peur, il a froid, il a faim. Et brusquement, en un éclair, il comprend. Il se souvient des paroles que l’on a souvent répétées au monastère : « Le Zen est un chemin qui va… ». Dans chaque pas sur ce chemin, l’éternité est enclose. Dans le présent se nichent la vie, l’oasis, l’infini. Je goûte le présent, le passé s’est enfui, le futur est un rêve, le présent seul est. « Quand vous vous éveillez à la vérité, dit un ancien poème, votre esprit devient brillant et lumineux, comme un rayon de lune. » Le novice se murmurant ces choses allait en paix. »
Extrait de « Les plus beaux contes zen » Henri Brunel – Éditions Point
Photo : "Le voyage (conte d'origine tibétaine)<br /><br />
Deux moines sont en voyage. Depuis trois jours, ils n'ont rencontré qu'une vieille femme sur le seuil de sa cabane. Elle leur a offert un peu d'orge grillée, liée avec du thé et du beurre rance. Cette maigre tsampa - plat traditionnel tibétain - qui date de la veille est déjà descendue dans leurs talons. Ils ont faim, ils ont froid. Soudain, la pluie se met à tomber. Le plus jeune des moines se protège de son mieux avec un pan de sa robe. Le plus âgé marche devant en silence. La nuit descend, à l'horizon nul abri, ni temple, ni ermitage, pas la plus modeste cabane. Le sentier qu'ils suivent se perd au loin dans la montagne. Le jeune novice n'en pleut plus. Il ignore le but de cet interminable voyage. "Le temple zen ne doit pas être éloigné, se dit-il, il me semble que nous approchons de Kamakura, mais est-ce bien notre destination ?" Rompant les consignes strictes de silence, il ose interroger son supérieur, qui marche d'un pas égal :<br /><br />
"Maître, où allons-nous ?<br /><br />
- Nous y sommes, répond le maître.<br /><br />
- Vous voulez dire que l'étape est proche ? insiste le jeune moine.<br /><br />
- Ici, maintenant. Nous y sommes."<br /><br />
Le novice effaré regarde le sentier pierreux, qui s'enfonce dans la brume. Au loin, les cimes redoutables se perdent déjà dans la nuit. Il a peur, il a froid, il a faim. Et brusquement, en un éclair, il comprend. Il se souvient des paroles que l'on a souvent répétées au monastère : "Le Zen est un chemin qui va...". Dans chaque pas sur ce chemin, l'éternité est enclose. Dans le présent se nichent la vie, l'oasis, l'infini. Je goûte le présent, le passé s'est enfui, le futur est un rêve, le présent seul est. "Quand vous vous éveillez à la vérité, dit un ancien poème, votre esprit devient brillant et lumineux, comme un rayon de lune."<br /><br />
Le novice se murmurant ces choses allait en paix."<br /><br />
Extrait de "Les plus beaux contes zen" Henri Brunel - -Éditions Point
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